star wars: l’ascension de skywalker


réal. j.j. abrams, scénario chris terrio, j.j. abrams, int. daisy ridley, adam driver, oscar isaac, john boyega, billy dee williams, carrie fisher, mark hamill. 2019, 140′. 2 pouces

le synopsis
rey (ridley) découvre sa véritable identité et la rébellion livre le combat de la liberté contre le…

… dernier ordre. la conclusion de la saga skywalker…

l’avis
décidément, même j.j. abrams tourne en rond dans cette saga, dont cet épisode marque heureusement la fin. pour vous la faire courte, on en prend d’autres et on raconte la même histoire. j’ai la très désagréable impression de voir toujours le même film depuis le tout premier star wars. je vous résume le truc:

– le méchant = ce sera facile d’écraser la rebellion…
– les rebelles = nous ne sommes pas assez nombreux mais si la force est avec nous…
– le jedi qui s’ignore (ou pas) = j’arrive, je dois juste récupérer mon vaisseau!
– le méchant = le jedi est là, je le sens…
– le jedi = le méchant est là, je le sens…
– les rebelles = il y a une faille sur la planète des méchants, il suffit de tirer un coup (?) et on sera tranquille…
(combat, combat, combat)
(le méchant rencontre et découvre – suspense terrible – son père, sa fille, son beau-père, sa tante…)
(le jedi rencontre le méchant dans un combat au sabre-laser et le bat)
(le coup est tiré et la planète de l’empire/du premier ordre/du dernier ordre est détruite)
– le méchant = aaaaaaahhhh!
– les rebelles = ouaaaaaaaiiiiiiisss! (moult embrassades et force câlins)

ça vous rappelle quelque chose? moi je dis (et je ne vais pas me faire des copains): monstre foutage de gueule sur quasiment toute la ligne. et je ne prends pas de risque en affirmant que la toute première trilogie est décidément la meilleure car la plus originale. tout le reste n’est que recyclage et grosses pépettes. et au chapitre foutage de gueule, le retour de l’empereur palpatine (palpa le blé, surtout), qui était mort depuis belle lurette, mais qui – wouah le twist de ouf – ressuscite grâce à des « pouvoirs qui lui permettent de faire des tas de choses ».

ptdr.

tout cela est fort bien pour george lucas (et ses héritiers) qui est devenu milliardaire grâce à sa saga (et à la vente de sa franchise à disney, plus de 4 milliards de dollars tout de même), et aussi pour tous les gens à qui ça fournit du travail à moyen terme. le cinéma hollywoodien en sort-il grandi? absolument pas. fort bien aussi pour abrams qui fait son beurre sans trop se mouiller, qui se transforme en tâcheron servile à la solde du monstre tentaculaire disney, et qui à mon sens gâche son immense talent à se commettre dans pareille entreprise, au lieu de faire avancer le cinéma avec des oeuvres plus originales. mais que voulez-vous, mener à bien des block-busters comme celui-là (et le monsieur n’en est pas à son coup d’essai) fait de lui un incontournable du cercle très fermé des réal super-bankable de hollywood. ambition, quand tu nous tiens…

aujourd’hui, les majors produisent des films en fonction de la quantité de pop-corn, de litres de coca et de kilos de glaces qu’ils seront susceptibles de faire vendre. un bon film qui vend moins est vite dégagé au profit d’une grosse daube qui va vendre plus. c’est très cynique mais c’est la réalité du business du cinéma américain. les gros studios sont là pour faire des films faciles, qui ne prennent pas la tête, où on dit rien sur les femmes, les noirs, les juifs, les pédés. ce formatage aseptisé finit par tuer le cinéma. martin scorsese ne s’y trompe pas quand il déclare que les films marvel ne sont pas du cinéma. et quand scorsese parle, on ferme sa gueule et on écoute. de concept intéressant, star wars est devenu une grosse daube, très léchée certes, mais une grosse daube quand même.