manhattan lockdown


réal. brian kirk, scénario adam mervis, michael carnahan, int. chadwick boseman, sienna miller, j.k. simmons, taylor kitsch, stephan james. 2019, 101′. 3,5 pouces

le synopsis
andre davis (boseman) est un flic new yorkais doué, intègre et intransigeant. lorsqu’un braquage tourne à la tuerie, il obtient l’autorisation de fermer jusqu’à 5h00 le lendemain matin les 21 ponts…

… qui desservent manhattan, se lance à la poursuite des braqueurs, coincés sur l’île, et découvre une machination…

l’avis
bien que pas super-original, le film est haletant et rondement mené, avec un héros solide comme l’humanité en aurait bien besoin en ces temps incertains.

rappelons que chadwick boseman a interprété black panther dans la franchise marvel avec les mêmes producteurs. et il fallait pour le rôle un type qui ait un charisme certain, qui en impose sans se la raconter, à qui il ne faut pas en promettre et j’ai en stock plein d’autres expressions comme celle-là. bien qu’assez inexpressif, boseman s’en sort sans mettre à mal son black flegme et sans une seule égratignure. mais ce qui rend son personnage si fort, c’est moins ce fameux charisme que le fait qu’il va devoir se battre seul contre tous. l’adversité révèle l’homme.

généralement, les héros ont 24 heures (voire 48 si le scénariste est généreux) pour résoudre une affaire. ici, il n’en aura pas moult. tic-tac, tic-tac, les 21 ponts étant bouclés (d’où le titre original, je ne savais pas qu’il y en avait autant, soit dit en passant), il va pouvoir coincer les malfrats. sauf que manhattan, mine de rien, c’est grand. surprise, ils sont repérés et coincés très rapidement. facilité scénaristique? que nenni, l’intrigue est ailleurs. alors certes, ça canarde lourd, ça cavale de ouf et ça meurt à tous les étages. mais c’est un leurre. la violence déployée ici est à la mesure de la sous-intrigue.

finalement, les méchants ne sont pas si méchants, et les gentils ne sont pas forcément si gentils. tu te dis « bon, le gars est armé, si l’on peut dire, des meilleures intentions: chadwick, laisse-lui une chance. » des clous, chad est inflexible, droit dans ses bottes, et « préfère regarder le diable dans les yeux », plutôt que de regarder ailleurs.

certains (j’en connais) diront que le dénouement est prévisible. n’empêche, le film se laisse regarder et la course contre la montre nous entraîne dans les tréfonds de l’âme humaine (c’est exagéré, mais j’aime bien cette expression et j’avais envie de la placer quelque part).

on retrouve avec plaisir le grand j.k. (jonathan kimble pour l’état civil) simmons et sienna miller qu’on découvre dans le générique de fin en se disant simultanément « ah c’était elle! » et « c’est qui? »

en tout cas, sans être le film du siècle, manhattan lockdown est, à mon humble avis, un bon petit thriller pour se mettre tranquille en mode week-end. même le mercredi soir après une dure journée.