wonder wheel


réal. & scénario woody allen, int. kate winslet, james belushi, justin timberlake, juno temple, jack gore. 2018, 101′. 3 pouces

le synopsis
dans le parc d’attractions de coney island dans les années 1950, quatre personnages se croisent sans…

… vraiment se trouver.

l’avis
c’est une histoire somme toute assez banale: ginny (winslet), ex-actrice reconvertie en serveuse et malheureuse en ménage avec l’opérateur de manège humpty (belushi), son ex-alcoolique de mari, trouve, un été, une échappatoire possible dans les bras du beau et jeune maître-nageur mickey (timberlake). mais mickey va tomber amoureux de carolina (temple), la fille de humpty, revenue après cinq ans d’absence se réfugier chez son père pour fuir les hommes de son mari mafieux.

ce serait une histoire somme toute assez banale si elle n’était aussi universelle depuis les grandes tragédies de la littérature mondiale, d’aristote à shakespeare et de stendhal à giraudoux. l’amour, la trahison, le désespoir, autant de sentiments que les auteurs ont déclinés à l’infini, woody allen (qui signe ici son 47ème long métrage) le premier.

allen qui s’entoure comme à son habitude d’acteurs immenses et généreux. ainsi, il fallait pour cette desperate housewife de ginny une comédienne de la carrure de kate winslet qui ne donne jamais à son personnage les traits caricaturaux de la mégère hystérique, d’un james belushi qui donne à son personnage de mari amoureux et jaloux, lui aussi désespéré à l’idée de voir sa femme le quitter, une dimension à la fois énorme et un peu ubuesque. et le beau justin timberlake, qui se fond pour la première fois et parfaitement dans l’univers (et la manière de travailler) de woody allen, confère une « profonde légèreté » à son personnage d’étudiant qui ne peut être celui qu’espère son amante quarantenaire.

si cette wonder wheel du titre fait référence à l’attraction du parc de coney island, visible depuis l’appartement des protagonistes, elle symbolise bien sûr aussi cette boucle comportementale dans laquelle chaque personnage, victime de sa dépendance à l’autre, (s’)est enfermé et dont il ne peut s’échapper. un film somme toute assez théâtral dans l’esprit, à l’image du dernier plan, dont l’atmosphère évoque un décor de théâtre.

pas forcément le meilleur allen mais à voir pour la performance de winslet et aussi pour les effets spéciaux (rares chez le réalisateur) qui recréent le coney island des années 50: la plage bondée, la promenade en bois, les échoppes, les guichets et les attractions, mais aussi le parachute jump, l’océan et le ciel. bref, c’est aussi grâce à eux si le film parvient à rendre crédible cette magnifique reconstitution d’époque.