la belle époque


réal & scénario nicolas bedos, int. daniel auteuil, fanny ardant, guillaume canet, dora tillier, pierre arditi, denis podalydès, michaël cohen. 2019, 116′. 3,5 pouces

le synopsis
sexagénère désabusé, victor (auteuil) est au bord du divorce. il rencontre antoine (canet) qui propose à ses clients de reconstituer l’époque de leur choix, au moyen d’artifices théatraux et d’acteurs briefés. victor choisit de revivre…

… la semaine où il a rencontré l’amour de sa vie, sa femme (ardant)…

l’avis
comme toujours, nicolas bedos nous entraîne dans une histoire surprenante et prend plaisir à nous la raconter à sa façon, c’est-à-dire avec intelligence et surtout en déjouant une quelconque linéarité dans le récit: comment raviver la flamme en replongeant dans son passé, plus précisément comment fuir le présent qu’on ne supporte plus en revivant un événement marquant du passé, en espérant confusément raviver la flamme dans le présent, avec le risque non prémédité de tomber amoureux d’un souvenir, c’est-à-dire soit de rester bloqué dans le passé, soit de se tromper finalement de but.

ce n’est ni l’île fantastique ni, encore moins, westworld où tout est si réel que l’on peine à croire que tout est recréé. ici il s’agit d’une société qui recrée, à l’aide d’acteurs et de décors, mais aussi et surtout au moyen des souvenirs de ses clients, une époque, une ambiance, un moment que ces derniers aimeraient (re)vivre. et contrairement aux deux oeuvres précitées, les « clients » peuvent voir l’envers des décors. Ce qui donne à bedos l’occasion d’une subtile mise en abîme qui fait du spectateur un complice.

mise en abîme dans la mise en abîme, les personnages incarnés dans chaque scénario étant évidemment des acteurs, ils ont à côté de leurs rôles une vie, une vraie. comme tous les acteurs. mais les sentiments qu’ils éprouvent dans leur histoire personnelle compliquent, pour le spectateur (et les clients), ceux des personnages qu’ils incarnent.

entre fiction(s) et réalité(s), tout cela vient compromettre ce qui serait passé pour une histoire un peu trop simple, et rendre le récit intéressant.

d’autant que, maître d’un scénario sans faiblesse, bedos n’en oublie ni drôlerie ni sentiments qu’il instille et distille avec le sens du rythme et de l’à propos.

à découvrir, comme tout ce que fait nicolas bedos…