la mule


réal. & scénario clint eastwood, d’après l’oeuvre de sam dolnik, int. clint eastwood, bradley cooper, lawrence fishburne, michael peña, taissa farmiga, dianne wiest, alison eastwood, andy garcia. 2018, 116′. 3,5 pouces

le synopsis
horticulteur, earl stone (eastwood) est au bord de la faillite. à plus de 80 ans, il va bientôt devoir mettre la clé sous la porte. il accepte alors un boulot…

… qui ne lui demande que d’être chauffeur. earl, qui a sillonné les états-unis de long en large toute sa vie, y voit une manière de se refaire…

l’avis
tout est vrai dans ce film, même si bien sûr quelques détails ont été changés (les noms, les lieux, etc.). une fois encore, eastwood s’attache avant tout à nous raconter une histoire, et c’est ce que l’on apprécie dans son cinéma. c’est simple – à l’image de sa musique mi-jazzy mi-mélancolique dont il habille chacun de ses films et qui est reconnaissable entre mille – mais efficace. et si le cinéaste est plus jeune de 6 ans que le personnage qui l’a inspiré, il continue de nous en raconter une chaque année. j’espère continuer d’écrire quand j’aurai son âge. respect. à 89 ans (il les a eus le 31 mai), et s’il conserve quelques beaux restes de son esprit bagarreur d’antan, il fait quand même moins le mariole, au point de se laisser rudoyer par des hommes à qui il aurait cassé la figure il y a encore quelques années…

l’histoire vraie ne le dit pas, mais on peut penser qu’eastwood a instillé dans son histoire celle d’un homme si obsédé par son métier qu’il a accordé sa vie durant plus d’importance à ses fleurs qu’à sa famille et que, au crépuscule de sa vie, alors que son ex-femme rend son dernier souffle, il tente de rattraper le temps (et l’amour des siens) perdu. c’est tout eastwood, ça: le bourru old school fragile, le raciste au grand coeur, le bagarreur au sourire désarmant, le solitaire maladroit, des personnages à la lisière du premier degré mais sauvés par la conscience de leur humanité. juste assez pour qu’on leur pardonne leurs faiblesses et qu’on leur accorde une seconde chance, si chère au cinéma américain.

il faut aimer eastwood, bien sûr…