green book


réal. peter farrelly, scénario nick vallelonga, brian hayes currie, peter farrelly, int. viggo mortensen, mahershala ali, linda cardellini. 2019, 130′. 4 pouces

le synopsis
dans l’amérique ségrégationniste de 1962, le pianiste classique dr don shirley (ali) engage anthony vallelonga (mortensen), alias tony lip, videur italo-américain du bronx, pour…

… le conduire dans une tournée américaine censée l’amener de new york au sud profond. s’appuyant sur le green book, guide recensant les établissements accueillant les personnes de couleur, ils apprennent chemin faisant à dépasser leurs préjugés…

l’avis
c’est une histoire de tolérance, de contraires qui s’attirent, d’amitié improbable, de dignité comme rempart à la haine. et par les temps qui courent, où l’intolérance est souvent mère de violence, où la bêtise fait souvent place à la consternation, cette histoire fait du bien.

tony lip est à la fois répugnant de vérité (surtout quand il mange) et désarmant de simplicité. il n’en est pas moins attachant, car sous des dehors de violence et d’illettrisme, ce bourrin énorme (l’acteur a pris 20 kilos pour le rôle) se parfume aussi, parfois, à l’honnêteté.

son dandy virtuose d’employeur apparaît, par contraste, comme très coincé. sa solitude, sa négritude et son homosexualité – il n’a décidément rien pour lui dans cette amérique-là – ont forgé chez lui une manière d’être souvent incomprise et des valeurs dont il ne déroge pas. et si sa virtuosité pianistique lui vaut des standing ovations partout où il joue, elle ne l’empêche pas de se voir refuser une table dans l’établissement même où il doit se produire.

certaines séquences – le videur se faisant réprimander comme un petit garçon, le dandy découvrant la chaleur du cocon familial – sont d’une drôlerie attendrissante et apportent un zeste d’humanité dans ce voyage dramatique.

près de soixante ans ont passé depuis cette histoire vraie et il est affligeant de constater que le monde n’a pas tellement changé.

drôle, tendre et révoltant, green book mérite amplement ses récompenses car il offre un espoir de réconciliation bienvenu dans une amérique toujours aussi divisée, notamment sur la question raciale, à laquelle il tend un miroir sans concession.