first man

réal. damien chazelle, scénario josh singer, d’après l’oeuvre de james r. hansen, int. ryan gosling, claire foy, jason clarke, kyle chandler, corey stoll, lukas haas, ciarán hinds, patrick fugit. 2018,  142′. 3,5 pouces

le synopsis
considéré comme pilote distrait en 1961, neil armstrong (gosling) sera pourtant le premier homme…

… à marcher sur la lune le 21 juillet 1969. entre drames personnels et entraînement intensif, coups de pouce du destin et talent irréfutable, huit ans de la vie d’un anti-héros entré dans l’histoire…

l’avis
première impression. pourtant très attendu, ce film ne méritait effectivement pas un oscar du meilleur film, ni du meilleur acteur pour ryan gosling qui « fait du ryan gosling », c’est-à-dire le gars taiseux au possible. un rôle sur mesure pour le canadien de 38 ans. voilà un acteur qui s’est bâti une réputation sur l’économie de jeu et de paroles. il n’y a qu’à voir certains de ses films récents pour s’en rendre compte: drive, the place beyond the pines, only god forgives, la la land, blade runner 2049, pour se dissuader de passer une soirée avec lui pour refaire le monde.

à part ça, le film retrace, sans doute assez fidèlement, les huit années les plus importantes de la carrière de neil armstrong, un homme qui, malgré la méfiance de ses supérieurs à son égard au début de sa carrière, a semble-t-il, si l’on en croit le film, toujours été « l’homme qui tombe à pic », et que gosling joue taciturne (sans doute parce qu’il l’était vraiment).

j’ai bien aimé que damien chazelle évite la surenchère d’effets spéciaux (c’est un choix artistique, pas un manque de moyens) en montrant les vols spatiaux tels qu’ils devaient être vécus « de l’intérieur », c’est-à-dire dans les capsules. les cadrages serrés sur les visages et les personnages recréent parfaitement ce que devaient vivre les astronautes lors des décollages, avec les aléas de la technologie d’alors, c’est-à-dire sinon une belle sensation de mort imminente du moins un sentiment intense de claustrophobie.

couronnées par un alunissage très réaliste (à se demander s’ils y sont vraiment allés), les images sidérales (et sidérantes) ne manqueront pas de ravir les amateurs. le film ne s’attarde quelques minutes sur une balade lunaire qui a duré en réalité 2h20 que pour mieux montrer, silence assourdissant aidant, les émotions intérieures d’un neil armstrong assailli d’images terrestres et de drames qu’il a vécus, notamment la mort de sa fille karen sept ans plus tôt dont l’astronaute ne se remettra jamais.

si vous êtes fan de biopics et de conquête spatiale, voilà un film (très différent dans la filmo de chazelle) qu’il vous faudra voir absolument…