my lady


réal. richard eyre, scénario ian mcewan, int. emma thompson, stanley tucci, fionn whitehead, ben chaplin, jason watkins. 2018, 105′. 3,5 pouces

le synopsis
un adolescent témoin de jéhovah refuse de recevoir le sang qui pourrait lui sauver la vie. juge à la haute cour d’angleterre, fiona maye (thompson) décide de lui rendre visite…

… à l’hôpital pour connaître sa capacité de discernement et trancher en connaissance de cause.

l’avis
en général, les juges ne sont pas réputés pour faire dans le sentiment. ils sont là pour appliquer la loi, pas pour statuer sur la moralité des affaires qu’ils ont à traiter et encore moins pour montrer de l’empathie. faut-il forcer un être à trahir ses convictions religieuses pour rester en vie, au risque qu’il soit rejeté par sa communauté? qu’est-ce qui est plus précieux: la vie ou la dignité?

le personnage de la juge, très subtilement interprétée par la toujours sublime emma thompon, est fidèle à cette réputation. femme intelligente et froide de prime abord, irréprochable – en son âme et conscience – dans l’exercice de son métier, elle fait pourtant preuve d’une humanité qui n’est pas contradictoire avec l’interprétation des lois.

mais bientôt, on découvre aussi une femme accaparée par son travail au point de négliger le couple qu’elle forme depuis longtemps avec jack (tucci), professeur américain avec qui elle n’a pas eu d’enfant, et dont elle s’est éloignée sous prétexte d’être très occupée.

et soudain la carapace se fendille. l’interprète du « dura lex sed lex », en visite à l’hôpital au chevet du jeune témoin de jéhovah, se laisse émouvoir par l’adolescent qu’elle aurait pu avoir et à qui elle sauvera la vie.

le thème sous-jacent – et pourtant central – de la maternité contrariée, et de son sentiment collatéral la rancune, donne ici matière à un film à deux secondes d’être bouleversant.