shock corridor


réal. & scénario samuel fuller, int. peter breck, constance towers, gene evans, larry tucker, chuck roberson. 1963, 101′. 2,5 pouces

le synopsis
un journaliste ambitieux (breck) décide de se faire interner dans un hôpital psychiatrique pour interroger les patients et résoudre un meurtre qui y a été commis. il…

… se prépare avec l’aide d’un psychiatre, de son patron et de sa petite amie. mais les choses ne se passent pas comme prévu…

l’avis
on m’avait toujours dit que ce film était géniaaaaal, qu’il fallait absolument que je le voaaaaaa… déception! à part une facture noir&blanc très « d’époque » mais de très bon aloi – cadrages, éclairages, ambiances, décors – l’histoire de cette perte de raison annoncée ne convainc pas, mais alors pas du tout.

ce pamphlet judéo-chrétien sur la vanité (l’ambition du journaliste d’obtenir le pulitzer avec ce sujet) et son pendant la punition divine (la citation du début, et répétée à la fin « whom god wishes to destroy, he first makes mad » annonce d’emblée, et conclut, le discours du cinéaste), incarnée pour l’un par le journaliste et pour l’autre par la folie elle-même, perd de sa crédibilité par son traitement parfois grotesque mais finalement elle aussi très « d’époque » de la « folie », certains « malades » se promenant tels des zombies dans le couloir, d’autres hurlant, hystériques, dans des camisoles de force. et le journaliste de s’y mettre lui aussi, assez rapidement d’ailleurs.

et, encore une fois, on ne croit pas une seule seconde à la démence « soudaine » du personnage, lui qui s’était préparé « pendant un an » avant d’entreprendre ce périple certes risqué mais si gratifiant au final.

samuel fuller avait écrit une première ébauche de scénario intitulée the lunatic (le cinglé). c’est le succès de la pièce vol au-dessus d’un nid de coucou qui le décidera à monter son film, le réal s’inspirant sans doute de la caractérisation de certains personnages – l’interné volontaire, le doux dingue, le violent, le suicidaire, etc. -, que l’on retrouve dans shock, notamment dans les personnages de l’obèse qui chante faux des airs d’opéra et du scientifique retombé en enfance qui a ses moments de lucidité.