sans un bruit


réal. john krasinski, scénario scott beck, bryan woods, john krasinski, int. emily blunt, john krasinski, millicent simmonds, noah jupe, cade woodward, leon russom, doris mccarthy. 2018, 90′. 3 pouces

le synopsis
une famille tente de survivre en silence dans un monde colonisé par des…

… créatures extraterrestres qui réagissent au bruit et dévorent les humains si elles les entendent.

l’avis
l’idée de base est sympa. surtout ne pas péter, sans quoi des bébêtes extrêmement rapides/agressives/mortelles s’en prennent à vous et ne vous laissent aucune chance de survie. aveugles, elles ont une ouïe très développée. on ne sait pas d’où elles viennent et là n’est pas le propos. les humains ont donc appris à vivre dans un silence total (vous me direz, avec toutes les conneries qu’on entend, c’est pas plus mal). enfin, ceux qui y sont arrivés. et il semblerait qu’ils n’aient pas été très nombreux à y être parvenus car la famille-héroïne du film a l’air bien seule sur cette terre.

le suspense est à son comble lors de la séquence de l’accouchement. le suspense et l’incrédulité du spectateur. les scénaristes passent d’ailleurs comme chat sur braise sur cet épisode anxiogène grâce à une ellipse fort à propos (et qui a bien arrangé le responsable des effets spéciaux qui a dû essayer, mais en vain, de mettre ça en boîte, genre, bon les gars j’y arrive avec le budget de merde que vous m’avez donné, ok d’accord on fait l’impasse, alors…).

à ce propos la créature, bien moche soit dit en passant (sinon elle ne ferait pas peur car, au cinéma, la laideur se vend bien, n’en déplaise à raymond loewy), se situe entre alien (pour la hideur) et mars attacks (pour la faiblesse)… manque de moyens oblige, on ne voit qu’une seule bête à la fois (et m’est avis que c’est la même à chaque fois). alors vous me direz que c’est plus angoissant s’il n’y en a qu’une, que ça laisse la place au suspense, que s’il y en avait trop ça tuerait l’effet de surprise. et vous aurez raison. n’empêche, ça pue le manque de moyens, moi j’dis.

cela étant, si le film est efficace à bien des égards et qu’il célèbre l’intelligence humaine face à la stupide bestialité (miss blunt, épouse du réal à la ville, ne joue jamais dans des daubes), on en sort confusément gêné. peut-être parce qu’il y a une contradiction fondamentale entre la solitude de cette famille (induisant l’extermination de l’humanité) et la solitude de la bête (elle ne peut pas à elle seule l’avoir fait).

à part ça, le sound of silence est très bien rendu par un sound design au cordeau et, pour l’anecdote, le scénario original de beck et woods, que krasinski a réécrit, ne contenait qu’une ligne de dialogue.