annihilation


réal. & scénario alex garland, d’après l’oeuvre de jeff vandermeer, int. natalie portman, jennifer jason leigh, gina rodriguez, tessa thompson, oscar isaac, tuva novotny, david gyasi, benedict wong. 2018, 115′. 3,5 pouces

le synopsis
biologiste et ancienne militaire, lena (portman) est envoyée avec quatre scientifiques dans une zone étudier…

… un mystérieux phénomène d’origine inconnue qui se propage sur une côte américaine. d’autant que, parti un an avant pour la même mission, son mari (isaac) est le seul à en être revenu. sur place, le danger menace leur vie et leur santé mentale.

l’avis
intello de prime abord, trop compliqué pour un public lambda espérant se divertir pendant deux heures, le film a été mal perçu lors des screen-tests, poussant l’un des producteurs à demander au réal de changer la fin pour rendre le film un peu plus « accessible ». garland ayant refusé d’altérer son oeuvre, le film n’est sorti en salles qu’aux états-unis, au canada et en chine, et dans le reste du monde sur la plate-forme américaine netflix.

la zone x, comme elle est appelée dans le film, est habitée par une forme de vie extraterrestre qui la protège par le « miroitement », ce mur mouvant aux couleurs psychédéliques que chacun peut cependant traverser. elle la protège mais s’en est toutefois emparée comme une maladie, s’infiltrant dans les cellules (ce n’est pas un hasard si le personnage principal de lena est biologiste), le détruisant au passage pour créer une nouvelle forme de vie à son image. et se développer, bien sûr, comme tout organisme vivant. mais, si cette force inconnue est redoutable et mortelle pour toute forme de vie sur terre, elle ne semble pas être douée d’intelligence, au sens calculateur du terme. la fin du film est à ce titre révélatrice: la forme extraterrestre semble plus apte à s’adapter par mimétisme qu’à détruire volontairement.

à ce propos, tout le film n’est qu’une vaste métaphore sur la destruction et l’auto-destruction. l’environnement que les cinq femmes découvrent les met petit à petit face à leurs démons et à leur passé difficile: cancer, dépression, alcoolisme, perte d’un être cher, tentative de suicide… lena sera la seule à aller au coeur de son problème – les difficultés qu’elle rencontrait dans son couple et le retour de son mari devenu étrange. au risque d’en perdre son humanité…

les deux derniers plans du film sont ouverts et laissent au spectateur le soin d’interpréter la fin à sa guise. ce qui va, et c’est tant mieux, à l’encontre d’un cinéma pop corn qui livrerait les clés de l’histoire sur un plateau.

intellectuellement intéressant. et visuellement splendide.

alex garland est surtout scénariste – 28 jours plus tard (danny boyle, 2002), sunshine (danny boyle, 2007), dredd (pete travis, 2012), ex machina (dont il est également le réalisateur, 2014) et annihilation (scénariste et réalisateur, 2018), sans oublier la plage (1999), qu’il a écrit et dont il confiera la réalisation à danny boyle, qui confiera à son tour l’adaptation scénaristique à john hodge.