la forme de l’eau


réal. guillermo del toro, scénario guillermo del toro & vanessa taylor, int. sally hawkins, doug jones, michael shannon, richard jenkins, michael stuhlbarg, octavia spencer. 2017, 123′. 3,5 pouces

le synopsis
modeste employée muette dans un laboratoire gouvernemental, elisa (hawkins)…

… tombe amoureuse d’une créature aquatique promise à des expérimentations à l’issue fatale.

l’avis
je vous le dis tout net: je n’aurais pas donné l’oscar du meilleur film à ce film, par ailleurs un poil trop long. ça semble violent à dire comme ça, d’emblée, mais il contient un peu trop d’imperfections à mon goût pour mériter la récompense du sans-faute. à commencer par la sécurité (elisa accède sans être inquiétée à ce labo ultra-secret… mais jamais surveillé) ou l’inondation de la salle de bains (vous avez déjà essayé de remplir d’eau votre salle de bains du sol au plafond, rien qu’en bouchant le seuil avec des serviettes?) ou le bon vieux cliché de la copine black qui-n’est-pas-d’accord-mais-qui-donne-quand-même-un-coup-de-main pourra faire sourire.

si l’ambiance fifties est parfaitement restituée à coups de cadillac rutilantes, de costumes d’époque et d’étalonnage soigné, elle verse aussi dans l’amélie poulain, à laquelle la musique d’alexandre desplat (oscarisé pour l’occasion) donne des accents un peu trop similaires. le personnage de l’illustrateur qui peint ses annonces publicitaires sur chevalet, juste à côté d’un poste de télévision noir/blanc, est un clin d’oeil qui fera sourire les cinéphiles mais ne veut pas dire grand-chose. même le personnage d’elisa est une sorte d’amélie poulain revisitée, une bonne âme, une femme « différente » toute empreinte d’un amour encore non concrétisé.

bon, j’arrête de casser du sucre.

il y a des tas de choses très bien dans ce film: la créature, très crédible, même si elle fait immédiatement penser à celle du lagon noir, la poésie d’une histoire d’amour, même peu « expliquée », fait toujours du bien, la revisitation du conte de la belle et la bête réinterprétant le thème, toujours actuel, de la différence, les plans d’une beauté visuelle époustouflante (le plan séquence d’ouverture), l’époque magnifiquement restituée (oscar des décors), le mélange des genres fantastique-espionnage-conte-fable, avec un vrai méchant à la clé.

on connaît guillermo del toro pour son talent exceptionnel de conteur d’histoires dans des univers créés de toute pièce. si l’exceptionnel n’est pas forcément au rendez-vous ici, le réal mexicain nous emmène quand même dans une assez jolie balade…