florence foster jenkins

réal. stephen frears, scénario nicholas martin, int. meryl streep, hugh grant, simon helberg, rebecca ferguson, nina arianda. 2016, 110′. 3,5 pouces

le synopsis
veuve d’un mari qui lui transmit la syphilis avant de disparaître, florence foster jenkins (streep) s’adonne à ses deux passions de toujours:…

… la musique et le chant. elle a créé une société de musique au sein de laquelle elle donne des concerts à un public d’habitués. le hic, c’est qu’elle chante désespérément faux…

l’avis
comme marguerite, qui s’inspirait de la vie de foster jenkins et qui sortit quelques mois avant, ce film fait rire (parfois) d’un rire un peu désolé et triste. si la détermination de cette femme qui ne vécut toute sa vie que pour la musique force, d’une certaine manière, le respect, son manque évident de talent dut mettre son entourage devant une question fondamentale: fallait-il la laisser vivre son rêve, au risque qu’elle devienne la risée du monde, ou lui dire la vérité, au risque qu’elle perde la raison. visiblement, ses proches, et son mari le premier, firent le choix de la protéger en construisant autour d’elle un rempart à toutes les critiques. la séquence où st clair achète tous les exemplaires du seul quotidien éreintant sa performance est significative de l’acharnement dont son mari fit preuve pour lui éviter toute déception. générosité. ce qui ne fut pas le cas de ses fans, dont certains venaient l’écouter pour s’en payer une bonne tranche.

comme d’habitude, la performance de meryl streep est époustouflante. à l’inverse de mamma mia! où elle était étonnante de justesse, dans tous les sens, et notamment vocal, du terme, ici elle chante juste faux, c’est-à-dire faux… juste ce qu’il faut pour percer légèrement les tympans et faire sourire… juste ce qu’il faut. étant chanteur moi-même, je peux vous dire qu’il est très facile de chanter faux quand on ne sait pas ses notes. mais quand on chante juste naturellement et que l’on connaît la mélodie, il devient très difficile de chanter exprès sous la bonne tonalité. d’autant que le personnage qu’interprète meryl streep non seulement ne chante pas juste, mais elle ne possède pas la bonne tessiture pour chanter les pièces auxquelles elle s’attaque, notamment l’air de la reine de la nuit (nom générique faisant référence à deux airs de la flûte enchantée) plus exactement der hölle rache kocht in meinem herzen que la reine chante en présence de sa fille pamina. cet air est bien sûr réservé aux meilleures sopranos coloratur, au premier rang desquelles je place l’immense natalie dessay.

à voir, bien sûr…