mother!


réal. et scénario darren aronofsky, int. jennifer lawrence, javier bardem, ed harris, michelle pfeiffer, brian gleeson, domhnall gleeson, kristen wiig. 2017, 122′. 4 pouces

le synopsis
Lui est poète, en mal d’inspiration, elle est future mère, en mal d’amour, malgré tous ses efforts pour Lui rendre la vie plus facile. leur couple va être bouleversé par…

… l’arrivée d’étrangers qui envahissent leur intimité, ce qui ne semble pas Le déranger…

l’avis
les oeuvres d’aronofsky ne sont pas spécialement faciles d’approche. celle-ci, curieusement, est claire, même si elle ne le devient que dans la seconde partie du film. la bande-annonce est très trompeuse. car l’ambiance très étrange, voire carrément malsaine, qu’elle laisse transparaître ne concerne que le début du film. la plupart des critiques, qui n’ont vu qu’elle, se sont donc laissé berner, estampillant le métrage de film d’horreur. j’ai lu la critique d’un gars qui a qualifié la seconde partie de « n’importe quoi grand-guignolesque » et de « on ne sait que penser, faute d’avoir, il faut l’avouer, tout compris » (au moins il est honnête).

j’ai d’abord cru, faute à la bande-annonce, que mother! était un film d’horreur. je me suis assez vite ravisé en me disant qu’il s’agissait plutôt d’une métaphore sur les affres de la création artistique. mais à la seconde moitié de la projection, j’ai enfin compris où le réal-scénariste emmenait son spectateur: la notion de « paradis » que la mère essaie de créer à partir de cette maison naguère détruite (en poussière), la notion d’amour, de générosité et de partage qui anime le poète, le chaos créé par l’avidité des hommes, l' »icône » trouvée dans la valise de l’étranger, l’idolâtrie dont le poète est l’objet, son fils qu’Il donne en pâture à la foule (le sacrifice), jusqu’à l’image choisie pour l’affiche du film… on peut ne pas être croyant et comprendre ces petits cailloux déposés sur le chemin narratif et qui ne laissent planer aucun doute sur la métaphore qu’aronofsky a concoctée pour son 10e long métrage…

déroutant, intéressant, difficile à recommander mais à voir si vous détestez le cinéma pop corn…