the circle


réal. & scénario james ponsoldt, d’après l’oeuvre de dave eggers, int. emma watson, tom hanks, john boyega, karen gillan, ellar coltrane, patton oswalt, glenne headly, bill paxton. 2017, 110′. 3,5 pouces

le synopsis
mae (watson) est engagée dans un groupe leader dans les nouvelles technologies et les réseaux sociaux. très vite, …

… remarquée et encouragée par le big boss eamon bailey (hanks), elle se montre créative et invente un système qui bouscule les limites de la vie privée, de l’éthique et des libertés individuelles. au risque d’impacter gravement celles de ses proches…

l’avis
au début tout n’est qu’émerveillement. et puis, tout bascule, il y a des cris, des pleurs et des gens qui courent dans tous les sens pour échapper au danger…

ce résumé de jurassic park pourrait parfaitement s’appliquer à the circle, tant le monde merveilleux de la technologie « au service » de l’homme dissimule en réalité une soif de contrôle et de pouvoir de la part de ceux qui en sont les créateurs. même si l’idée de départ – la perfectibilité de l’homme – peut paraître noble. le problème, c’est qu’elle mène rapidement à des dérives, volontaires ou non.

or aujourd’hui, même si le pouvoir des géants du web (le fameux gafa – google, apple, facebook, amazon) – ce pouvoir grandissant, tentaculaire, planétaire, et donc par définition incontrôlable – nous fait peur, nous sommes tout de même une majorité à accepter de notre plein gré de leur abandonner une partie de notre vie privée. à eux et aux créateurs de ces petits programmes espions que sont les applications.

l’ironie, c’est que la plupart des êtres humains sont d’accord de le faire quand cet espionnage revêt le costume du « divertissement », mais le refusent catégoriquement aux gouvernements lorsqu’il s’agit de sécurité nationale.

le paradoxe, c’est que le gafa fait moins peur que les gouvernements, alors qu’il est bien plus puissant que certains d’entre eux.

le film raconte cette quête insidieuse de pouvoir, surtout pour celles et ceux qui y contribuent de l’intérieur. insidieuse car soigneusement encouragée sous le masque doré de la créativité et de l’innovation.

il faudra à mae la mort d’un ami pour qu’elle se réveille de ce rêve à double tranchant. mais faire que mae quitte the circle eût été irréaliste et aurait fourni une morale un peu pauvre. là où le film est « lucide », c’est que non seulement elle ne renonce pas à son invention, mais elle va même jusqu’à la retourner contre les dirigeants. la petite stagiaire est devenue grande et prend finalement le pouvoir, tout en ouvrant une ère nouvelle. la morale est sauve. à moitié seulement…

à 27 ans, emma watson a définitivement enterré ses années harry potter et, contrairement à ses ex-camarades de poudlard daniel radcliffe et rupert grint, est elle aussi devenue grande. entre avalanche de prix, première place des actrices les plus rentables de la décenn ie 2000-2009, élection de femme de l’année par le magazine gq en 2013 et rôles marquants pour des metteurs en scène en vue (bling ring, sofia coppola, 2013, noe, darren aronofsky, 2014, regression, alejandro amenàbar, 2015, colonia, florian gallenberger, 2016), sa carrière est définitivement à suivre de près.