wonder woman

réal. patty jenkins, scénario allan heinberg, d’après le personnage de william moulton marston, sur une idée de zack snyder et jason fuchs, int. gal gadot, chris pine, connie nielsen, robin wright, danny houston, david thewlis, elena alaya, lucy davis. 2017, 142′. 3 pouces

le synopsis
fille de reine et amazone combattante, diana (gadot) vit, à l’abri du monde, dans une société sans hommes où elle a été élevée…

… dans le but de défendre l’humanité. lorsqu’un pilote américain (pine) s’écrase au large des côtes de son île et lui raconte qu’une guerre fait rage dans le monde, elle décide de quitter son havre de paix pour accomplir son destin…

l’avis
honnêtement, le film aurait pu être raccourci de 20 bonnes minutes que l’histoire n’en eût pas été affectée et que nous eussions tout pareil compris de quoi il retournait. je ne connais pas le comics mais j’imagine que les premières aventures de la super-héroïne se déroulaient aussi lors de la première guerre mondiale. fait que, si l’on ne connaît pas le comics, l’on trouvera un poil incongru (les poils le sont souvent). cela dit, quelle meilleure période que celle d’une guerre pour justifier qu’une amazone (princesse diana, le détail fera sourire) sorte de son paradis pour aller guerroyer aux côtés des humains? et quel meilleur prétexte qu’une guerre pour faire surgir de vrais méchants? ici, l’enjeu est pour le moins mythologique et le méchant n’est autre que ZI méchant: arès (thewlis), dieu de la guerre himself que zeus, son père, avait condamné à servir parmi les humains pour les avoir corrompus en leur apportant la jalousie et la haine. on peine cependant un peu à entrer dans le récit, peut-être à cause de cette période de l’histoire qui ne nous est ni familière ni sympathique.

à part ça, la réalisation et l’écriture, ainsi que le choix de gal gadot, ex-miss israel 2004 qui a peut-être d’ailleurs trouvé là le rôle de sa vie, apportent au personnage un sérieux et une crédibilité bienvenue. la scène du baiser (et l’ellipse qui s’ensuit, indiquant que les deux personnages ont passé la nuit ensemble) est à mon sens de trop, mais ce qui est sûr, c’est qu’on est loin du kitsch de la wonder woman des années 70, avec linda carter (une autre miss, monde amérique 1972, celle-là) dans le rôle-titre.

de plus, et là se situe le vrai talent de l’écriture, l’authenticité et la noblesse d’âme qui animent notre « femme prodige », loin de tout sentimentalisme, sont une bouffée d’air frais dans un monde où cynisme et dérision sont monnaie courante. les combats, cela dit, ne sont pas sans rappeler ceux de marvel. vous me direz, quand on est super-héros, on a des combats de super-héros…

fait assez remarquable pour être mentionné, le film est réalisé par une femme, patty jenkins, issue principalement, à voir sa filmo, de la série tv, avec quelques épisodes de entourage, de the killing et de betrayal, mais pas seulement: elle a signé monster en 2003, qui valut à charlize theron l’oscar de la meilleure actrice, et five en 2013, avec notamment jeanne tripplehorn et patricia clarkson.

en résumé, la mode des figures censées redonner des repères à l’humanité (là où les politiques ont échoué) alimentant continuellement les tiroirs-caisses, les producteurs n’ont pas attendu les résultats du box-office pour annoncer une suite pour 2020…