alien: covenant


réal. ridley scott, scénario john logan, michael green, int. michael fassbender, katherine waterston, billy crudup, danny mcbride, demian bichir, carmen ejogo, callie hernandez, jussie smollett, amy seimetz. 2017, 123′. 3,5 pouces

le synopsis
le vaisseau covenant de la weyland company fait route vers origae-6, planète habitable au fin fond de la galaxie, avec à son bord plus de 2000 colons et 1000 embryons prêts à s’y installer. alors qu’il lui reste 7 ans de voyage, …

… l’équipage reçoit un message mystérieux provenant d’une planète beaucoup plus proche qui semble, elle aussi, habitable. la tentation est grande de faire un détour…

l’avis
le film se déroule en 2104, soit 18 ans avant les événements du tout premier film (2122) de la saga alien (sorti en 1979 et dont ridley scott était – déjà – le réalisateur), 75 ans avant aliens, le retour et alien 3 (2179), et 275 ans avant alien: resurrection (2379). il succède au film qui précède – vous suivez? – joliment intitulé prometheus, lui aussi du nom du vaisseau, et qui se déroulait en 2093, soit près de 10 ans auparavant.

le contexte planté, il s’en est passé, des choses, entre prometheus et covenant.

really?

un vaisseau qui change de cap après avoir reçu un message, ça ne vous dit rien? vraiment? revoyez alien: le 8e passager. le film, comme tous les films de ridley scott, fait certes plaisir à voir mais donne quand même l’impression de revoir le premier. une sorte de retour aux sources (à peine) déguisé (l’une des affiches du film ne laisse aucune place au doute) qui devrait cela dit garantir à covenant un honorable succès planétaire.

prometheus avait au moins le mérite de s’attaquer à une question (v. article de cinécure du 5 juin 2012) autrement plus passionnante que celle qui taraude les fans de base depuis près de 40 ans, à savoir l’origine de ces toxiques bestioles. cela dit, sir ridley n’est pas idiot et a écouté lesdits fans qui se sont plaints du fait que les bébêtes susmentionnées étaient quasiment absentes de prometheus. c’est vrai, quoi, un alien sans bébêtes, c’est pas un alien! du coup, exit la réflexion sur les origines de l’humanité (qui reviendra peut-être dans le troisième volet de cette nouvelle trilogie, pour l’instant intitulé alien: awakening, et j’espère vraiment qu’ils trouveront mieux d’ici là, censé se dérouler entre prometheus et covenant).

alors bien sûr, le xénomorphe tend à céder sa place au néomorphe et le facehugger, même s’il est toujours actif, passerait presque pour un has-been puisque l’insémination forcée par voie oralo-intestinale fait place à une méthode nano-insidieuse. et comme la valeur n’attend le nombre des années, la gestation a été réduite à quasiment quelques minutes à l’issue desquelles la créature (pouvant prendre elle-même des formes dont le xénomorphe serait jaloux) naît par des voies pas forcément thoraciques…

au final, un film à grand spectacle qui fera plaisir aux fans en ne ménageant ni ses effets ni son suspense, surtout avec un droïde de plus en plus méchant-dangereux, et c’est très bien, mais qui n’apporte pas grand-chose à la réflexion entamée dans prometheus et c’est bien dommage…

brèves de coulisses…
à noter encore deux ou trois petites choses: à l’origine, le film était censé s’intituler alien paradise lost, plus explicit à mon sens que covenant. covenant rompt l’ordre alphabétique des prénoms donnés aux androïdes: ash dans le 8e passager (ian holm), bishop dans aliens, le retour et alien 3 (lance henriksen), call dans alien: resurrection (winona ryder), david dans prometheus (michael fassbender). or c’est walter dans alien: covenant (également fassbinder). on dit qu’il faut y voir un clin d’oeil à david giler et walter hill, respectivement producteur et scénariste du premier volet de 1979.