ghost in the shell


réal. rupert sanders, scénario jamie moss, william wheeler, ehren kruger, d’après l’oeuvre de shirow masamune, int. scarlett johansson, pilou asbaek, takeshi kitano, juliette binoche, michael pitt. 2017, 107′. 3,5 pouces

le synopsis
dans un futur pas si lointain, le major (johansson) est une humaine dont le cerveau…

… a été greffé sur un corps cybernétique après un terrible accident. ce qui fait d’elle un être unique en son genre mais aussi une arme redoutable pour lutter contre les cybercriminels au sein de la section 9, dans laquelle elle a été intégrée…

l’avis
relativement simple – la traque d’un cybercriminel (pitt) -, la trame n’en soulève pas moins tout un tas de questions d’ordre philosophique – qu’est-ce qui distingue un humain d’un robot qui pense? qu’est-ce qui fait la spécificité de la pensée humaine? où est la frontière entre le corps et l’esprit?, etc. – qui rendent ghost in the shell tout aussi intéressant que sa forme – un univers futuriste où l’homme a tellement développé la technologie qu’il a trouvé le moyen d’améliorer ses capacités physiques et intellectuelles.

l’exemple le plus réussi est ce cyborg de sexe féminin du nom de motoko kusanagi (le nom est emprunté à celui d’un sabre japonais, masamune donnant des noms de sabre à plusieurs de ses personnages. d’ailleurs, masamune est aussi un pseudo emprunté au nom d’un forgeron du 14e siècle qui créa un sabre resté célèbre dans l’histoire du japon). sans être invincible, kusanagi, qui découvre sa véritable identité à la fin de l’histoire, est beaucoup plus résistante et efficace que n’importe quel être humain. son enquête se mêlant avec sa recherche sur ses origines, l’histoire alterne scènes d’action et moments d’introspection, qui sont les marques de fabrique de masamune.

l’univers du créateur est clairement d’anticipation, avec une technologie devenue omniprésente et omnipotente, un univers étouffant qui fait penser à blade runner.

le film est la première adaptation cinématographique en prises de vues réelles du célèbre manga publié dès 1989. le roman graphique a donné lieu à deux suites, trois films d’animation et trois séries animées. la différence entre le film et le manga tient principalement dans la nature du cybercriminel: intelligence artificielle baptisée marionnettiste dans le manga, cobaye raté, mi-homme mi-machine, et assoiffé de vengeance appelé kuse dans le film. mais dans les deux cas, plutôt que de se dupliquer tel un virus qui serait identique et vulnérable, le terroriste sollicite kusanagi pour fusionner leur ghost (âme, esprit) afin de créer un être d’un genre nouveau.

intellectuellement fascinant, visuellement étonnant (certaines séquences faisant inévitablement penser à matrix ou à la série westworld), ce film mérite décidément le détour, ne serait-ce que pour les questionnements qu’il propose…