split


réal. et scénario m. night shyamalan, int. james mcavoy, anya taylor-joy, betty buckley, haley lu richardson, jessica sula, brad william henke, sebastian harcelus, neal huff. 2017, 117′. 2 pouces

le synopsis
kevin (mcavoy) a déjà révélé 23 identités à la doctoresse fletcher (buckley), sa psychiatre. mais une nouvelle personnalité, enfouie jusque-là dans son subconscient, …

… va bientôt se manifester et prendre le pas sur toutes les autres.

l’avis
le trouble dissociatif de l’identité est un thème qu’affectionnent particulièrement les scénaristes et un défi pour tout bon acteur qui se respecte. que ce soit au cinéma et dans les séries, d’ailleurs. on se souvient par exemple d’identity (james mangold, 2003, avec john cusack) ou de united states of tara (diablo cody, 2009-2011), avec une toni colette qui s’y montrait exceptionnelle, passant d’une personnalité à l’autre avec un réalisme époustouflant. pas étonnant qu’elle ait décroché un emmy award et deux golden globes pour ce rôle. et en plus, elle incarnait, à un moment ou à un autre, TOUTES ses personnalités.

première déception dans split: là où l’on s’attend à un festival d’identités (les 23 annoncées), on n’en découvre que 4 ou 5.

deuxième déception, mcavoy se débat pour les rendre crédibles, car à part les tenues qui préviennent le spectateur « qu’il n’est plus le même », le jeu, la voix, le ton sont à peu près identiques. est-ce dû à une absence de direction d’acteur, à la version française ou à une écriture déficitaire? pourtant, à la lecture du scénario, l’acteur principal aurait déclaré: « ouah, c’est quoi ce truc? j’ai lu les dix premières pages et j’ai pensé: mais qu’est-ce que c’est que cette histoire? j’avais l’impression d’être perpétuellement confronté à quelque chose de nouveau, d’inconnu! » ça n’a pas été mon cas. mais alors pas du tout. shyamalan nous avait habitué à mieux (oui, il y a longtemps).

troisième déception, le film est verbeux, explicatif, sans réelle action ni grand suspense. et le dernier plan du film, faisant le lien avec un autre film du réal, par l’intermédiaire d’un personnage-acteur connu, n’accroît pas l’intérêt du film.

après les échecs retentissants du dernier maître de l’air (2010) et de after earth (2013), the visit avait permis à shyamalan de renouer avec le succès en 2015. espérons pour lui qu’il surfera sur cette vague avec split. car moi, je n’ai pas du tout été emballé.

si on peut lui accorder d’aborder tous les genres avec des histoires originales, on ne peut s’empêcher, pratiquement à chacun de ses films, de regretter le shyamalan de sixième sens (1999) ou de signs (2002)…