les figures de l’ombre

réal. theodore melfi, scénario allison schroeder, d’après le roman de margott lee shetterly, int. taraji p. henson, octavia spencer, janelle monáe, kevin costner, kirsten dunst, jim parsons, mahershala ali. 2016, 126′. 4 pouces

le synopsis
dans une amérique en proie à une profonde et tenace ségrégation à l’égard des gens de couleur, le destin de trois brillantes scientifiques afro-américaines…

… tenues dans l’ombre de leurs collègues masculins mais qui vont permettre aux états-unis de prendre la tête de la conquête spatiale, avec la mise en orbite de john glenn.

l’avis
un poil sentimental, un brin raccourci, un zeste embelli, une pincée romancé, des héroïnes beaucoup plus belles que les originales (car l’histoire est vraie)… les figures de l’ombre est sans doute un peu de tout cela, mais une chose est sûre: l’histoire est tellement bien racontée qu’on se laisse embarquer sans même y prendre garde. mieux: on en redemande!

on s’indigne devant ce machisme « d’époque », on exulte devant l’argumentaire irréfutable que mary jackson (monáe) sert au juge pour appuyer sa demande d’entrée à l’université, on admire la patience dont fait preuve dorothy vaughn (spencer) devant la résistance qu’on oppose à ses compétences, on pleure lors de la scène de la demande en mariage de jim johnson (ali) à katherine goble (henson), on aime l’esprit positif dont sont animées ces trois femmes qui réussirent à faire tomber les barrières, non par la violence, mais par l’intelligence.

le film décrit, sans prendre parti, l’histoire en la replaçant dans un contexte particulièrement dur pour les afro-américains. malgré les lois ségrégationnistes jim crow, d’ailleurs toujours en vigueur dans l’état de virginie, la laboratoire langley, géré par la nasa, a engagé une équipe entière de femmes noires, pour beaucoup professeurs de mathématiques, pour réaliser des calculs complexes, avant l’arrivée des superordinateurs. bien qu’indispensables, elles travaillaient et mangeaient séparément et étaient évidemment moins bien payées que leurs collègues blanches.

aujourd’hui âgée de 98 ans – et dernière survivante du trio -, la véritable katherine johnson s’est déclarée surprise de l’engouement que le film a suscité. « comme n’importe qui, je me suis contentée de faire de mon mieux, que ce soit au travail, dans ma famille ou au sein de ma communauté. je n’ai fait que résoudre des problèmes qui devaient être résolus« , a-t-elle modestement confié. n’empêche, son travail a été officiellement reconnu le 5 mai 2016 – il était temps -, jour du 55e anniversaire du vol suborbital de 15 minutes qu’alan shepard effectua dans l’espace grâce à ses calculs. pour l’anecdote, shepard deviendra par la suite le 5e homme à marcher sur la lune.

adapté du roman de margot lee shetterly, le scénario est signé allison schroeder qui a une relation particulière avec la nasa: elle a étudié les mathématiques, sa grand-mère était programmatrice à la nasa et son grand-père a pris part au programme mercury au sein duquel john glenn a effectué son premier vol.

ce film est plein d’amour. il serait dommage de le rater…