oscars: palmarès 2017

oscars-2017
contexte oblige, la cérémonie de cette année a été marquée par des allusions plus qu’appuyées à la politique du soi-disant président mein trumpf. et notamment au racisme et au décret anti-immigration:…

… « this broadcast is being watched by millions of americans and around the world by more than 225 countries that now hate us. » ou « it has been an amazing year for movies: black people say nasa and white people say jazz. now that’s what you call progress! », a déclaré le maître de cérémonie de cette année jimmy kemmel dans son discours d’introduction. ainsi, comme un pied de nez au triste sire de la maison noire, les membres de l’académie ont sacré une afro-américaine – viola davis – comme meilleure actrice dans un second rôle (fences, de et avec denzel washington) et un afro-américain musulman – mahershala ali – comme meilleur acteur dans un second rôle (moonlight, barry jenkins). asghar fahradi, le réalisateur iranien vainqueur de l’oscar du meilleur film étranger, a quant à lui justifié son absence dans une déclaration qu’il a fait lire par quelqu’un: « par respect pour mes concitoyens et ceux des six autres nations qui se sont vu manquer de respect par la mesure inhumaine qui empêche l’entrée des immigrés aux états-unis… »

côté palmarès pur, l’ultrafavori la la land (14 nominations) se contentera de 6 statuettes (décors et direction artistique, photo, musique originale, chanson originale, réalisateur et actrice). l’ultrafavorite isabelle huppert qui, césar en main, avait montré vendredi soir à paris qu’elle avait vachement le melon en déclarant en substance « je n’ai pas joué mieux que d’habitude, mais cette fois il semblerait qu’on m’ait remarquée plus que d’habitude » (en gros, je suis toujours géniale, c’est vous qui ne me comprenez pas), est repartie bredouille (« we didn’t see elle, but we absolutely loved it, you are amazing in that film, and i’m glad homeland security let you in tonight. », a plaisanté kemmel).

mais, à part la grosse bourde de la photo d’une vivante parmi les décès de l’année (la productrice australienne jan chapman a découvert son visage sur le nom de son amie costumière décédée janet patterson), le moment le plus marquant de cette 89e cérémonie restera le cafouillage historique (hystérique?) lors de l’annonce du dernier prix: le meilleur film. le couple mythique de bonnie & clyde – faye dunaway et warren beatty – se présente sur scène pour décerner le prix le plus prestigieux. beatty ouvre l’enveloppe et dunaway annonce le vainqueur: la la land! toute l’équipe monte sur scène et deux producteurs sont en train de remercier l’académie lorsque l’un d’eux annonce soudain que c’est moonlight qui a gagné (« you guys won the best picture, this is not a joke! », dit-il en arrachant un 2e carton des mains d’un warren beatty complètement désemparé et en le brandissant afin que tout le monde le voie). beatty reprendra la parole quelques minutes plus tard pour s’expliquer: l’enveloppe qu’il avait ouverte contenait le nom de la meilleure actrice, d’où son moment d’hésitation. l’erreur ne venait donc pas de la sénilité du remettant mais des responsables des enveloppes qui s’étaient visiblement trompés. n’empêche, la gourance restera dans les mémoires, au même titre (mais toutes proportions gardées) que celle de vanessa paradis qui, aux césars 1991, avait annoncé judith godrèche à la place de judith henry comme gagnante du meilleur espoir féminin (pour la discrète, christian vincent). recueillons-nous un instant en imaginant un peu ce qu’ont dû vivre les équipes des deux films.

palmarès, dans l’ordre d’annonce:

meilleur acteur dans un second rôle: mahershala ali pour moonlight.
meilleurs maquillage et coiffures: alessandro bertolazzi, giorgio gregorini et christopher nelson pour suicide squad.
meilleurs costumes: coleen atwood pour fantastic beasts and where to find them.
meilleur film documentaire: o. j. made in america d’ezra edelman et de caroline waterlow.
meilleur montage sonore: sylvain bellemare pour premier contact.
meilleur mixage sonore: kevin o’connell, andy wright, robert mackenzie et peter grace pour tu ne tueras point.
meilleure actrice dans un second rôle: viola davis pour fences.
meilleur film en langue étrangère: le client d’asghar fahradi (iran).
meilleur court-métrage d’animation: piper d’alan barillaro et marc sondheimer.
meilleurs décors et direction artistique: david wasco et sandy reynolds-wasco pour la la land.
meilleurs effets spéciaux: robert legato, adam valdez, andrew r. jones et dan lemmon pour le livre de la jungle.
meilleur montage: john gilbert pour tu ne tueras point.
meilleur court-métrage documentaire: white helmets d’orlando von einsiedel et joanna natasegara.
meilleur court-métrage de fiction: sing de kristof deák et d’anna udvardy.
meilleure photographie: linus sandgren pour la la land.
meilleure musique originale: justin hurwitz pour la la land.
meilleure chanson originale: city of stars, la la land.
meilleur scénario original: kenneth lonergan pour manchester by the sea.
meilleur scénario adapté: barry jenkins et tarell alvin mccraney pour Moonlight.
meilleur réalisateur: damien chazelle pour la la land.
meilleur acteur: casey affleck pour manchester by the sea.
meilleure actrice: emma stone pour la la land.
meilleur film: moonlight de barry jenkins.