la la land

la-la-land
réal. & scénario damien chazelle, int. ryan gosling, emma stone, john legend, j.k. simmons, rosemarie dewitt, finn wittrock. 2016, 128′. 3 pouces

le synopsis
los angeles, époque indéterminée. mia (stone) sert des cafés et court les castings en attendant de faire carrière au cinéma. sebastian (gosling) joue du piano dans des bouis-bouis en attendant de monter son propre club de jazz. ils…

… tombent amoureux mais leur amour résistera-t-il au succès?

l’avis
honnêtement? je peine un peu à comprendre l’engouement qui entoure ce film. certes, il est loin d’être désagréable et se laisse regarder, la musique est bonne et les décors sont biens. le faux plan séquence d’ouverture n’est pas mauvais mais pas transcendental, la séquence finale n’est pas mauvaise mais pas inoubliable. un ami m’avait prévenu: si tu vas voir ce film avec une âme d’enfant, tu vas adorer, mais si tu y vas avec un oeil critique…

j’ai essayé, et dieu sait si je me laisse souvent embarquer, mais là, je ne sais pas, mon oeil critique s’est assez rapidement rouvert. j’aurais bien aimé plus de choré, plus de séquences d’éclate. au lieu de ça, les pas ne sont souvent qu’esquissés et voudraient nous faire croire que les comédiens sont aussi des danseurs. gosling n’est pas astaire et stone était bien plus jolie dans spiderman. du coup, la magie n’opère pas vraiment. pourtant, gosling est encensé par le compositeur justin hurwitz pour son travail de musicien (c’est vraiment lui qui joue du piano), de danseur et de chanteur. sans doute mais il y a chez lui une sorte de distance par rapport à son personnage qui nous empêche d’y adhérer complètement. en comparaison, stone est mille fois plus expressive et touchante, malgré ses yeux un peu globuleux et ses épaules maigres.

on a parfois l’impression que chazelle a hésité en cours de route, qu’il n’y est pas allé à fond. bien sûr, il sait filmer des musiciens en plein boeuf, il l’avait déjà prouvé dans whiplash. mais là où la passion de sebastian aurait dû transpirer à chaque plan, où le désespoir de mia aurait dû crever l’écran, on a des ambiances où nulle excitation ne transparaît vraiment. en plus, l’histoire n’est pas sidérante d’inventivité (on s’ennuie un peu par moments) et se fend même d’une symbolique assez premier degré (l’autoroute… vers le succès, où le vulgum pecus reste coincé alors que les élus trouvent le moyen de rouler). même la morale n’est pas nouvelle-nouvelle: l’amour est-il compatible avec la réussite artistique/sociale ou, plus exactement, les ambitions de chacun des membres d’un couple sont-elles compatibles avec la réussite du couple? non bien sûr, et le constat est amer, malgré un happy end alternatif qui restera à jamais fantasmé pour les personnages.

bien sûr, tout n’est pas à jeter, loin de là, et ce serait faire preuve de mauvaise foi que de le prétendre. la mise en scène (fluide et précise, avec des mouvements de caméra tout en courbes et quelques plans-séquences), la lumière (utilisée par moments pour renforcer la tension dramatique autour des protagonites), les costumes (vintage ma non troppo), les décors très colorés (références subtiles) et les chansons (entêtantes). logiquement (attention pronostic), sur 14 nominations (ce n’est arrivé que deux fois dans l’histoire des oscars, avec titanic, de james cameron, en 1997, et eve, de joseph l. mankiewicz, en 1951), le film devrait remporter 6 ou 7 récompenses dites techniques.

si tout n’est pas à jeter, ce film reste tout de même un peu décevant au regard de l’engouement qu’il suscite. mais c’est un avis qui ne regarde que moi…