hommage: mike connors

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quand je me rends en normandie pour tenir compagnie à mon papa, je ne manque jamais de prendre avec moi quelques dvd de feuilletons, comme on les appelait dans le temps: cannon, la quatrième dimension, les mystères de l’ouest, l’homme de fer, au coeur du temps, mission impossible, starsky & hutch, chapeau melon et bottes de cuir… toutes ces séries…

… qui ont marqué mon enfance et mon adolescence, et que j’associe pour la plupart à mon papa. pourquoi? simplement parce qu’il en était un fan assidu et que nous les regardions ensemble à l’époque. la dernière fois que je l’ai vu avant noël, nous avons regardé quelques épisodes de mannix. enchantés de nous retrouver, l’espace de 50 minutes, dans le cocon familier de notre passé commun, impatients que le « spectacle » commence, riant de ces dialogues qui reflétaient l’époque (« peggy, servez-moi un peu de café voulez-vous? »), nous étonnant de la manière tellement désuète dont ces séries étaient fabriquées, remarquant que tel acteur de doublage étant le même pour tel personnage de columbo, mais heureux de laisser de côté le quotidien un instant (mon papa s’endormant parfois en plein milieu d’un épisode).

mannix a été l’une de ces séries fondatrices, de celles qui m’ont montré l’importance d’une bonne histoire, c’est-à-dire de ce mélange scénaristique réussi de mythes masculins incarnés par des acteurs charismatiques auxquels je m’identifiais, d’enjeux, d’antagonistes crédibles, de dialogues bien écrits, de rythmes soutenus et d’une musique de générique mémorable – indémodable, éternelle, inoubliable musique de lalo shiffrin -, comme c’était le cas pour quasiment toutes les séries de l’époque.

mais si les héros ne meurent jamais, ceux qui les incarnent, eux, sont bel et bien mortels. ainsi krekor ohanian, alias mike connors, alias joe mannix, « mon » héros, vient de tirer sa révérence à 91 ans, trop faible sans doute pour vaincre sa leucémie. encore une page du grand livre qui se tourne. mais faisons contre mauvaise fortune bon coeur: il restera toujours présent, coincé quelque part entre le siège de l’émotion primitive et les régions inexplorées du moi second… et puis, haut les coeurs: il nous reste les épisodes!