passengers

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réal. morten tyldum, scénario jon spaihts, int. jennifer lawrence, chris pratt, michael sheen, laurence fishburne, andy garcia. 2016, 117′- 2,5 pouces

le synopsis
le vaisseau (starship, c’est plus cool) avalon fait route vers homestead 2, une planète située à des années-lumières de la terre. à son bord, 5 000 personnes en hybernation, et la promesse d’un monde meilleur à l’arrivée. quand soudain, …

… un caisson s’ouvre, réveillant jim preston (pratt). impossible de se rendormir. et il reste 90 ans avant d’arriver à destination…

l’avis
« on ne s’est pas réveillé par hasard », dit le personnage masculin dans la bande-annonce. nourri par des planète interdite (pour les plus vieux lol), alien, predator, gravity, insterstellar et autres seul sur mars, notre imagination n’a fait qu’un tour et s’est instantanément enflammée pour une trame sf peuplée de grandes catastrophes spatio-temporelles, de créatures agressives ou d’androïdes vindicatifs. bien joué, la bande-annonce.

sauf qu’il ne faudrait jamais se fier aux bandes-annonces. car la déception peut être d’autant plus grande que le message est prometteur.

bon, passons rapidement sur les décors (superbes), l’espace interidéral (impressionnant) et les références (2001 et shining). ça c’est fait.

je ne sais pas vous, mais je trouve que le film aurait gagné en intérêt si le point de vue avait été, pour changer, celui de la femme (par le biais, par exemple, du roman qu’elle écrit). ici, pourtant libre et indépendante, elle subit une situation imposée par l’homme, de qui elle tombe bien sûr amoureuse avant de connaître la vérité. du coup, leur histoire d’amour repose sur de mauvaises raisons (lui voulait tromper une longue solitude, elle ne savait rien de ses intentions) et atteint son paroxysme avec le quasi ridicule « sur ce vaisseau, je ne peux pas survivre sans toi » (si j’ai bonne mémoire) qu’elle profère à la fin, elle, la femme indépendante, qui plus est pour de mauvaises raisons (elle a peur de la solitude, redevenant une femme dépendante de l’homme pour sa survie). cette relation, malsaine dès le départ, aurait pu, aurait dû, alimenter, parallèlement à un thriller sf de bonne facture, un drame humain qui serait venu « habiter » cet environnement aseptisé. au lieu de cela, on nous sert une morale pseudo philosophique à vingt-cinq centimes d’euro (où les vrais enjeux/dangers sont relégués au second plan) style « l’important n’est pas où on vit sa vie mais avec qui on la vit ». pfff, ces américains, des fois, avec leur manière pop-corn de tout simplifier.

comprenez-moi bien, je n’ai absolument rien contre les grosses surprises et un film « philosophique » ne m’aurait pas du tout dérangé. encore faudrait-il pour commencer que la bande-annonce fût un poil plus fidèle au contenu et que le film s’écartât de ce point de vue machiste à la gomme rechapée (imparfait du subjonctif, check). le plus étonnant, c’est que jennifer lawrence, qui s’érige en défenseuse de l’égalité hommes-femmes (acteurs-actrices en l’occurrence), du moins au niveau des salaires, ait accepté ce rôle de femme soumise. mais quand on sait qu’elle a été empoché un cachet de 20 millions de dollars pour l’occasion, on a la désagréable impression qu’elle se bat surtout pour gagner ELLE autant d’argent que ses homologues masculins. mais ne soyons pas mauvaise langue, la deuxième actrice la mieux payée de hollywood à seulement 26 ans (et oscarisée à seulement 23) ravira les adolescents attardés (ou pas) et/ou boutonneux (ou pas) avec son visage lisse et ses tenues de petite fille riche, et confirmera (ou pas) son statut d’actrice la plus courtisée (et la plus puissante) du moment.

mais vous conviendrez que ça ne fait pas un bon film…