l’art du mouvement au musée art ludique, paris

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musée art ludique, 34, quai d’austerlitz, 75013 paris. du 14 octobre 2016 au 5 mars 2017, de 10h/11h à 18h. entrée € 16.50.

jusqu’au 5 mars 2017, le musée art ludique de paris expose, en collaboration avec la walt disney research library, 400 oeuvres issues de…

… 23 grands classiques des studios disney, de blanche-neige, premier long métrage d’animation, à la reine des neiges, plus gros succès mondial de tous les temps dans ce domaine. il en manque beaucoup mais le but de l’expo n’est pas tant d’être exhaustive que de montrer l’art des studios.

en 1935, trois ans avant de remporter son 8e oscar pour blanche-neige, walt disney déclare: « je sens que nous ne pouvons pas faire de choses merveilleuses basées sur le réel si nous ne connaissons pas d’abord le réel ». ainsi l’exposition s’emploie-t-elle surtout (mais pas seulement) à nous montrer comment les artistes travaillaient. par l’observation extrêmement minutieuse de modèles vivants (de faons dans les studios, par exemple, pour bambi, ou de volcans reconstitués en intérieur grâce à des bassins à remous pour fantasia) et le dessin d’après nature, couplés à un talent fou dont les nine old men furent les initiateurs et les premiers représentants. l’exposition est organisée de manière chronologique autour de films – blanche-neige (1938), pinocchio (1940), fantasia (1940) et dumbo (1941) au début du parcours – mais aussi de techniques inventées par les studios, comme la caméra multiplane. montée sur châssis à plus de 2 mètres du sol, elle permettait de filmer différents plans superposés et mobiles ainsi de créer des effets de profondeur. une forme de 3d bien avant l’heure.

les années 50-60 arrivent et avec elles explose une esthétique résolument moderne. toujours innovants, les films disney accompagnent les grands mouvements artistiques à travers des séquences au graphisme d’avant-garde, empruntant parfois au cubisme, au surréalisme ou à l’abstraction. ce sont les décennies notamment d’alice au pays des merveilles (1951) et de belle et le clochard (1955), qui trouvent leur apogée, en termes d’audace graphique, avec la belle au bois dormant (1959) et les 101 dalmatiens (1961).

c’est aussi sur ce dernier film qu’a été utilisé pour la première fois le procédé xerox, permettant de transférer directement les dessins des animateurs sur les celluloïds, sans passer par les étapes de la mise au propre et de l’encrage.

l’expo se concentre ensuite sur la révolution des années 80 et le départ des nine old men, l’arrivée d’une nouvelle génération d’artistes et l’apparition de l’image de synthèse. l’approche avait été initiée par walt disney lui-même dès les années 30 avec sa caméra multiplane. précurseurs, les studios n’en distillent au début que certaines séquences – la poursuite dans la tour de big ben, dans basil détective privé (1986), film à l’accueil relativement discret, mais surtout le bal dans la belle et la bête (1991). des oscars, les studios en ont collecté plus souvent qu’à leur tour au cours des cinq décennies précédentes (meilleurs courts métrages d’animation et meilleurs films documentaires), mais la belle et la bête sera le premier long métrage d’animation à être nommé aux oscars du meilleur film en 1992.

puis vient le roi lion (1994), avec sa partition signée hans zimmer (déjà) et ses chansons composées par elton john. plus gros succès en date pour les studios qui vont bientôt être concurrencés par un autre acteur qui va vite devenir majeur: pixar, qui vient, même s’ils n’en sont pas à leur coup d’essai, sérieusement bouleverser le monde de l’animation avec toy story (1995) et une approche que disney n’avait employé jusque-là que dans quelques séquences clés: le tout-numérique.

la synthèse, les studios disney s’y mettront très vite sans perdre cette esthétique « dessin animé » qui constitue leur marque de fabrique, de tarzan (1999) à vaiana (2016), en passant par raiponce (2010), les mondes de ralph (2012), la reine des neiges (2013), qui a supplanté le roi lion au box-office, big hero 6 (2014) et zootopia (2016). des films dont j’ai parlé sur cinécure.blog (un ptit peu de pub, ça ne fait pas de mal).

à voir séance tenante, avec ou sans enfants, jusqu’au 5 mars 2017, donc…