inferno

inferno

réal. ron howard, scénario david koepp, d’après l’oeuvre de dan brown, int. tom hanks, felicity jones, ben foster, omar sy, irrfan khan, sidse babett knudsen, ana ularu. 2016, 122′. 2,5 pouces

le synopsis
le professeur robert langdon (hanks) se réveille quasi amnésique dans un hôpital à florence. le docteur sienna brooks (jones), qui s’occupe de lui depuis son admission, va l’aider à…

… recouvrer la mémoire. ensemble, ils vont déjouer les plans de bertrand zobrist (foster), dangereux psychopathe décidé à « sauver » la race humaine en en éliminant la moitié…

l’avis
da vinci code (2006) et anges et démons (2009) – qui, au passage, ont été adaptés au cinéma à l’inverse de la parution des romans éponymes (2000 pour anges et démons et 2003 pour da vinci code) – donnaient la parole à l’histoire, à la spiritualité et aux origines du christianisme, base d’un souffle thrilleristique passionnant qui laissait entrevoir la menace effrayante de l’effondrement du monde.

ici point de mysticisme (dommage), mais une sorte de « psychopathe éclairé » qui a créé une arme de destruction massive. son but: éliminer la moitié de la population mondiale aujourd’hui pour éviter que la race humaine ne s’éteigne totalement dans 100 ans.

outre qu’il est lui aussi construit sous la forme d’un jeu de piste, inferno se révèle toutefois plus pauvre en thèmes sous-jacents pour ne proposer qu’une course contre la montre assez convenue. pour aider les protagonistes à trouver l’arme dissimulée par le « terroriste », des indices dissimulés dans la représentation de l’enfer de dante. le ressort des messages cachés s’inscrit en plus dans une mode très actuelle (v. la série blindspot).

à noter le personnage d’elizabeth sinskey (knudsen), qui n’existait pas dans les épisodes précédents et qui arrive, un peu comme un (joli) cheveu sur la soupe, comme « l’amour impossible de longue date » de robert langdon. pourquoi pas. quoi qu’il en soit, on voit l’actrice danoise partout depuis la série de politique-fiction borgen (adam price, 2010-2013), aux états-unis comme en france (l’hermine, christian vincent, 2015, westworld, jonathan nolan, lisa joy, 2016, la fille de brest, emmanuel bercot, 2016).

à noter également omar sy, qui doit encore travailler sa palette d’expressions et son anglais. il ne suffit pas d’être imposant pour être crédible. ne soyons pas trop mauvaise langue, le personnage qu’il campe dans le film est français, or l’on sait que les français sont nuls en langues étrangères. ceci expliquerait cela. cela dit, il est intéressant de constater que lorsque des personnages français sont interprétés par des acteurs anglo-saxons, ils parlent très bien l’anglais mais avec un accent français presque parfait. lorsqu’ils sont interprétés par des acteurs français, neuf fois sur dix, ils parlent anglais avec un accent qui ne ressemble à rien. c’est le cas ici. au moins tcheky karyo reste simple: il parle anglais avec un accent français. et c’est très bien. heureusement, chaque généralisation a ses exceptions: ayons donc une pensée émue pour marion cotillard et julie delpy, qui relèvent un peu le niveau avec leur diction et leur accent quasi parfaits. parenthèse linguistique fermée.

or donc, s’il ne raconte rien de bien ambitieux (par rapport aux opus précédents) et qu’il laisse un goût de déjà vu avec, de surcroît, une fin hyper-prévisible, inferno se laisse tout de même distraitement regarder.