ben-hur

ben-hur
réal. timur bekmambetov, scénario keith clarke, john ridley, d’après l’oeuvre de lewis wallace, int. jack huston, tobby kebbell, morgan freeman, nazanin boniadi, rodrigo santoro, ayelet zurer, pilou asbaek, sofia black d’elia. 2016, 124′. 2,5 pouces

le synopsis
prince de judée, judah ben-hur (huston) est accusé à tort de tentative de meurtre sur la personne d’un gouverneur romain. déchu de son titre, …

… séparé de sa famille jetée en prison, ben-hur est réduit à l’esclavage par son frère adoptif romain messala (kebbell). après cinq ans de galère, il revient se venger, lors d’une course de chars…

l’avis
cette adaptation, qui prend pas mal de liberté avec la version onze fois oscarisée de william wyler (1959) et avec le roman de lewis wallace (1880), n’apporte rien à l’histoire et irait même par moments jusqu’à gâcher le souvenir du film dont charlton heston fut jadis la vedette, notamment le happy end qui frise le ridicule.

si l’on se livrait au jeu des différences entre les deux versions, on y passerait la nuit, tant elles sont nombreuses, et principalement celle de l’extraordinaire souffle épique qui animait le film de wyler et qui est totalement absent de la version 2016. parmi les plus marquantes, on notera que c’est un zélote – membre d’un mouvement alors en rebellion contre l’oppresseur romain – qui attente à la vie d’un gouverneur romain (et non la chute d’une tuile), précipitant, si j’ose dire, la chute de ben-hur.

en outre, le cheikh arabe ilderim (logique, puisqu’il possédait des chevaux arabes) est remplacé ici par « l’africain » ildarin – signe des temps, sans doute, les arabes n’étant plus vraiment en odeur de sainteté – qui nous vaut, une fois encore, la présence décidément incontournable (et quelque peu agaçante) d’un morgan freeman affublé ici de dreadlocks passablement grotesques (ça fait plus africain, limite jamaïcain).

et puis le charisme des comédiens. autant heston inspirait le respect, autant huston inspire… pas grand-chose (et pourtant il s’en est fallu d’une lettre), autant stephen boyd dégoulinait de haine, autant kebbell dégouline de… pas grand-chose. seule nazanin boniadi (actrice britannico-iranienne découverte dans homeland) tire à mon sens son épingle du jeu.

enfin, la séquence de la course de chars, grandiose dans la version de 59, est ici en grande partie numérique – signe des temps sans doute où la plupart du travail se fait en post-prod. ce ne serait pas trop grave si cela ne se voyait à l’écran.

arrête ton char (je sais, elle est facile), et passe donc ton chemin, ben-hur, le métrage ne vaut pas l’investissement dans une place. ou alors sur canal+, quand il passera, un soir d’hiver. mais vite, alors…