suicide squad

suicide squad
réal. & scénario david ayer, int. joel kinnaman, viola davis, will smith, jared leto, margot robbie, cara delevingne, jai courtney, jay hernandez, adewale akinnuoye-agbaje, adam beach, karen fukuhara. 2016, 130′, 3 pouces

le synopsis
pour combattre une menace étrange et apparemment invicible, l’agent de la cia amanda waller (davis) réunit…

des criminels de la pire espèce qui s’embarquent pour une mission-suicide…

l’avis
dc comics monte au créneau et affiche clairement sa volonté de lutter à armes égales avec marvel, son concurrent de toujours et de quelques années son aîné. car les « detective comics » ont eux aussi leur écurie, et pas des moindres puisqu’elle comprend notamment batman, superman et wonder woman pour les super-héros, et (notamment) le joker, lex luthor, le general zod et deadshot pour les super-méchants. certes, marvel détient le record de personnages en tous genres et a battu tous les records de recettes au box-office ces dernières années en rajeunissant des personnages qui menaçaient de devenir ringards. pour autant, dc ne s’est pas avoué vaincu: ses reboots de batman, avec la trilogie du chevalier noir (respectivement 2005, 2008 et 2012), et de superman (man of steel, 2013 et batman vs superman: dawn of justice, 2016), signés respectivement des géniaux christopher nolan et zach snyder, ont déjà fait date.

et la firme de continuer avec ces « avengers » version « super-villain ». marrant d’ailleurs, autant les avengers, réputés « gentils », ont développé un côté sombre (au risque de devenir chiants), autant ici les méchants révèlent leur côté « humain » pour plaire au plus grand nombre (les studios ne faisant ni dans l’art ni dans le mécénat, il convient de ne jamais perdre de vue le but ultime: la recette!). donc suicide squad, que les journaleux français ont, comme à l’accoutumée, toutes les peines du monde à prononcer correctement (du coup, ils le prononcent à la française et, à tout prendre, ça vaut mieux) se veut un mélange d’action (beaucoup), d’ultraviolence (pas mal) et d’humour (un peu), le tout mâtiné de fantastique en la personne, si j’ose dire, d’enchantress (delevingne) qui, frustrée d’avoir été oubliée par les hommes (qui jadis la vénéraient), réveille, avec son frère, des forces cosmiques immémoriales destinées à dominer le monde (généralement, on accompagne cette phrase d’un rire sardonique). bon, on est bien dans l’univers dc-marvel, la lutte du bien contre le mal et tout ça. en l’occurrence, la pincée d’ironie tient au fait que ceux qui luttent contre le mal absolu sont eux-mêmes des crapules ayant semé mort et désolation.

on notera la présence (et surtout le charmant fessier) de margot robbie, qui fut tout récemment la jane de tarzan, et de joel kinnaman, qui reprit en 2014 le rôle-casse-gueule d’alex murphy, alias robocop, dans le remake du métrage de paul verhoeven (1987). on remarquera que will smith ne joue pas souvent des rôles de méchants (ce doit être contre les préceptes de la scientologie, même si les époux smith ont déclaré ne pas être scientologues), et quand il le fait, c’est parce qu’ils recèlent une part d’humanité. on s’étonnera par contre de l’absence de morgan freeman, qui est absolument partout et dans tous les blockbusters en ce moment. lol.

à part ça, je n’ai pas été spécialement sidéré ni par les personnages (contrairement à nicholson et surtout ledger, qui avaient apporté une touche de folie/drôlerie salutaire au personnage ultraviolent du joker, leto en fait des caisses et se prend très au sérieux) ni par le film lui-même, contrairement à deadpool (marvel), dans lequel le personnage incarné par l’éclectique ryan reynolds était éblouissant d’humour et d’intelligence, ou même à RED (dc), violent mais tellement marrant avec ses « retraités extrêmement dangereux ».

au final, dans ce combat intergalactique pour déterminer qui a une longueur d’avance, marvel a probablement la plus grosse (recette). côté personnages en revanche, dc se défend bien avec, depuis le début des années 2000, des adaptations sur grand écran de personnages intéressants (la ligue des gentlemen extraodinaires, v pour vendetta, constantine, a history of violence, the spirit, watchmen, green lantern, dredd, pour ne citer que ceux-là). pas que des super-héros, donc, et c’est très bien.