the hateful eight

the hateful eight

réal. et scénario quentin tarantino, int. kurt russell, samuel l. jackson, jennifer jason leigh, tim roth, michael madsen, walton goggins, bruce dern, demian bichir, channing tatum, zoe bell. 2015, 168′. 2,5 pouces

le synopsis
le chasseur de primes john ruth (russell) fait route vers red rock pour y…

… pendre sa prisonnière daisy domergue (jason leigh). en chemin, il rencontre marquis warren (jackson), ancien soldat devenu lui aussi chasseur de primes, et chris mannix (goggins), nouveau shérif de red rock. surpris par le blizzard, ils trouvent refuge dans une auberge où ils rencontrent quatre personnages énigmatiques…

l’avis
décidément, je n’aime pas le cinéma de tarantino. j’ai beau m’accrocher, aller voir ses films, essayer de comprendre pourquoi la presse qualifie ce type de « génie » (les mauvais esprits diront que c’est sans doute parce que je n’en suis pas un moi-même, auxquels je répondrai « même pas mal »), je n’y arrive pas (à aimer ses films et à comprendre cet engouement qui, pour moi, relève du mystère le plus épais). the hateful eight ne déroge pas à la règle (ça veut dire que je ne l’ai pas aimé, pour ceux qui ne suivent pas), même si la presse s’est extasiée, comme à l’accoutumée, devant cette « putain de bonne surprise », de « whodunit déguisé en western gore ou vif » (et vas-y que je me creuse le ciboulot pour te sortir ma meilleure formule), ce film de « sale gosse arrivé à maturité », de cinéaste « en pleine possession de ses moyens qui est toujours là où on ne l’attend pas », etc. et je pourrais en citer une crâlée.

le fameux « là où on ne l’attend pas » fait référence à un mini-maxi-twist en seconde partie de métrage. mini parce que ce n’est pas non plus le twist du siècle et maxi parce que misteur couennetine a surpris tous les critiques qui pensaient le voir venir, blasés qu’ils étaient devenus par ses procédés. or si l’on peut apprécier que ledit sieur se soit écarté (un tout petit peu) de ce cinéma ultraréférentiel (que tous appellent « hommage ») dont il s’est fait une spécialité et qui a fait sa renommée, on pourra néanmoins soutenir que ça ne le rend ni plus intéressant ni encore moins génial. preuve qu’il est (au mieux) malin et qu’il a bâti toute sa carrière en se servant du génie des autres. le « là où on ne l’attend pas », perso, je pensais qu’il bifurquerait dans un cinéma d’horreur façon une nuit en enfer ou the thing. c’eût été trop facile, argueront les partisans. certes, mais au moins c’eût été un peu jouissif, rétorquera le détracteur (les plus attentifs auront remarqué le singulier). au lieu de cela, des séquences un peu trop gore pour une histoire d’affrontement maquillée en western.

et cette pseudo-surprise ferait de ce film un film génial? je veux qu’on m’explique.

à propos de the thing, justement, misteur couennetine s’est pavané avec son hommage (encore un) à carpenter et à son remake génial, lui, du quasi comique the thing from another world, de howard hawks et christian nyby (1951). ben voyons. comme si rendre hommage à un génie faisait de lui un génie (c’est que pensent les critiques à l’unanimité. je ne dois pas être un mec normal).

à propos de support, le fait qu’il ait tourné en ultra panavision 70 mm ont fait de lui un défenseur acharné de la pellicule contre le tout numérique, rejoignant en cela quelques cinéastes d’hollywood. très bien, parfait, j’applaudis. le rendu n’est en effet absolument pas le même et donne aux nostalgiques d’une époque que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître un souffle épique de (très) bon aloi. en gros, on se croirait revenu aux temps des westerns spaghetti, mais façon 21e siècle, où sergio leone confiait sa bof à un certain ennio morricone, oui, le même que pour ces huit salopards. cela étant dit, qu’est-ce que le mouton moyen en a aujourd’hui à foutre des objectifs anamorphiques qu’utilisèrent ken annakin (non, pas skywalker, qui ne prend d’ailleurs qu’un seul « n », le réalisateur de la bataille des ardennes en 1965… – euh, la bataille des coua, msieur? – bon laisse tomber, va) ou basil dearden qui fut le dernier à utiliser ces objectifs pour khartoum, en 1966?

membre unique et actionnaire forcément majoritaire, et particulièrement fier de l’être, du « club de ceux qui n’aiment pas tarantino » (ccnpt.com), j’ose affronter le mépris desdits moutons, sans craindre d’être voué aux gémonies. et je le déclare tout de go: ce film est un peu chiant. car misteur couennetine s’écoute écrire, fier comme un ptit banc de son talent de dialoguiste qui prend des heures à décrire ses personnages et à installer ses situations: – et tu sais pourquoi il a dit ça? – non, je ne sais pas pourquoi il a dit ça! – eh bien tu ne le sauras jamais si je ne te le dis pas, aussi je vais te le dire, pourquoi il a dit ça…. j’exagère à peine. sans ces dialogues longuets et complaisants qui font, apparemment, apparaître des taches inopinées dans les slips de TOUS les critiques de cinéma et de TOUS les adorateurs dudit sieur, son film aurait facilement pu durer une heure de moins que sa « qualité » n’en eût pas été amoindrie.

si vous avez deux heures quarante huit à perdre, ce que je peux comprendre, ou que vous aimez tarantino, ce que je ne comprendrai jamais, allez voir ce film. sinon, courez voir 10 cloverfield lane, c’est moins long et moins pompeux, c’est surtout plus original et ça vous donne des frissons de plaisir, de vrais frissons de cinéma qui, pour être eux aussi référencés, ne se la pètent pas pour autant et sont mille fois plus authentiques.