le pont des espions

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réal. steven spielberg, scénario matt charman, joel & ethan coen, int. tom hanks, mark rylance, amy ryan, sebastian koch. 2015, 132′. 3,5 pouces

le synopsis
au plus fort de la guerre froide, james donovan (hanks), avocat de brooklyn, se voit confier la mission de défendre un américain sans histoire (rylance)…

… soupçonné d’être un espion russe. mais sa mission évolue vers un échange. il doit alors se rendre alors à berlin pour négocier…

l’avis
c’est l’histoire d’un avocat d’une droiture sans faille (voilà qui devrait faire du bien à la réputation des avocats en amérique) qui, au nom de la justice et de la fidélité à ses principes, refuse de laisser les intérêts géopolitiques du moment et les pressions des autorités interférer avec l’exercice de son métier, puis avec sa mission.

il y a dans ce film un petit côté liste de schindler: l’humanité coûte que coûte en pleine crise. ainsi, les deux personnages de spielberg, oskar schindler pour les juifs et jim donovan pour un espion russe (auquel vient s’ajouter en cours de route un pilote américain), s’inscrivent en faux contre un courant dominant, classique dans les conflits, fait de grandes faiblesses et de petites lâchetés, et se révèlent être des héros ordinaires, ceux dont on n’entend jamais parler mais qui, en écrivant de petites histoires, contribuent à bâtir la grande.

ne vous attendez donc pas à de l’action ou à un film d’espionnage haletant, façon mission impossible ou kingsman: le propos de spielberg est de montrer la noblesse de l’homme durant les pires heures de son histoire, en l’occurrence le combat d’un homme seul contre un ennemi insivible et fuyant, contre l’avis populaire, à l’heure où la nation américaine était en proie à la paranoïa, et même contre les siens. la solitude du combattant, voilà un thème qui résonne dans la filmo du réalisateur (la liste de schindler, le terminal, lincoln…)

c’est la première fois que les frères coen participent (ici en qualité de scénaristes) à un film de spielberg. et c’est la première fois depuis la couleur pourpre en 1985 que john williams ne signe pas, pour des raisons de santé (l’homme a tout de même 83 ans), la musique du film.

à voir, comme tous les spielberg…