l’exoconférence

l'exoconférence
spectacle écrit et interprété par alexandre astier, mise en scène jean-christophe hembert, créé pour la première fois à caluire-et-cuire (lyon) le 12 septembre 2014. 4 pouces

le synopsis
un astrophysicien (astier) donne une conférence au cours de laquelle il retrace…

… les grandes étapes de la formation de l’univers depuis le big bang, avant de se pencher sur la question de la vie extraterrestre.

l’avis
fidèle à son habitude, astier aborde ici avec talent (il les a tous!) et l’humour qu’on lui connaît (ses questionnements et agacements sont tordants), de nombreux sujets gravitant, si j’ose dire, autour de l’astronomie et de l’astrophysique. deux ans après la musique, avec que ma joie demeure, où il incarnait johann-sebastian bach, c’est donc à la science qu’il s’attaque avec ce spectacle. son angle est tantôt philosophique, tantôt poétique, et son point de vue critique est celui du néophyte (très) éclairé, « hors de la boîte », pourrait-on dire, pour des sujets extra-terrestres, c’est-à-dire littéralement hors de la terre. d’où le titre du spectacle.

il passe ainsi en revue, tout en les questionnant, la diversité des cosmogonies, les pan (phénomènes aérospatiaux non identifiés, dont les ovni sont l’un des aspects), le paradoxe de fermi (1950, s’il y avait des civilisations extraterrestres, leurs représentants devraient être déjà chez nous. où sont-ils donc?) ou le parfum du cœur de la voie lactée (qui contient du formiate d’éthyle, molécule responsable de l’odeur des framboises). il en profite pour « jouer », c’est-à-dire interpréter différents personnages venant étayer et consolider son propos ou infirmer des théories. ainsi, dans une mise en scène assez épurée mais efficace, ptolémée croise copernic, le physicien italo-américain enrico fermi côtoie l’aviateur américain kenneth arnold (qui vit la première soucoupe volante de l’histoire moderne en 1947). amusant de constater que, selon une théorie, les extraterrestres auraient commencé à nous rendre visite à partir du moment où l’homme a atteint le niveau technologique suffisant pour déclencher une catastrophe nucléaire.c’est-à-dire juste après la seconde guerre mondiale.

astier revient également sur certains épisodes clés des contacts supposés avec des formes de vie extraterrestre, dont l’affaire roswell (1947) ou l’enlèvement de betty et barney hill (1961). et de revenir (plusieurs fois), dans un questionnement (très) critique hilarant, sur la plaque de pioneer, sur laquelle est représenté un message pictural de l’humanité, qui fut fixée sur la coque des sondes spatiales pioneer 10 et 11, et envoyée en 1972 et 1973 au reste de l’univers.

puisque vous l’avez loupé à genève (il est passé début septembre) et si vous avez l’occasion de voir ce spectacle sur dvd ou bluray, ne loupez pas, dans les bonus, l’interview d’astier dans laquelle il raconte comment ses questionnements et ses rencontres avec des dizaines de scientifiques de renom l’ont aidé dans son processus d’écriture.

très documenté, donc, comme tout ce que fait alexandre astier, et forcément tordant.