the visit

the visit
réal. & scénario m. night shyamalan, int. olivia dejonge, ed oxenbould, deanna dunagan, peter mcrobbie, kathryn hahn. 2015, 94′. 2,5 pouces

le synopsis
becca (dejonge) et tyler (oxenbould) vont passer une semaine chez leurs grands-parents. ils ne les connaissent pas car leur mère s’est brouillée avec eux vingt ans auparavant. une fois arrivés, les deux enfants réalisent très vite que…

… les aïeuls ont un comportement étrange le soir venu…

l’avis, pour qui connaît shyamalan…
je ne crois pas prendre beaucoup de risques en affirmant que c’est désormais un fait avéré: shyamalan n’est plus un génie. il confirme à chaque nouveau métrage qu’il a perdu le talent providentiel dont il avait fait preuve avec le long-métrage qui le fit connaître aux yeux du monde en 1999 (6e sens). miraculeux, intelligent, inattaquable, le jeune metteur en scène signait là un coup de maître qu’il lui serait difficile d’égaler (c’est toujours ce qu’on dit, et c’est toujours ce qui se passe quand on sort une première oeuvre au succès retentissant). c’est arrivé à plein d’autres, qui se sont relevés, qui ont confirmé leur talent. ou pas. shyamalan semble faire partie de ceux dont le talent décroît à mesure qu’il avance. certes, on est humain et on ne peut pas être génial à tous les coups, mais depuis le village (2004), qui était bien mais la révélation pas crédible du tout, après la jeune fille de l’eau (2006, le pire sans doute), suivi de près par phénomènes (2008), le dernier maître de l’air (2010) et after earth (2013), ça commence à faire beaucoup.

ici, shyamalan fait preuve d’un manque éblouissant d’originalité: il succombe lui aussi à la mode des gens qui se filment à longueur d’histoire. et allons-y avec l’auto-filmage (très tendance mais pas nouveau, avec l’explosion des selfies, ces egoportraits devenus presque un genre à part entière) caméra à l’épaule, ou plutôt au poing, qui ajoute une prétendue authenticité au récit puisqu’il a un aspect reportage relaté en temps réel.

horripilant.

passe encore lorsqu’il s’agit d’étudiants qui réalisent un travail de mémoire (blair witch) et que la justification est le found footage. ou des journalistes qui « font » l’info en temps réel (rec) ou encore une famille qui veut « capturer » sur « pellicule » des phénomènes qui les empêchent de vivre au quotidien (paranormal activity). mais là, ce sont des enfants, une ado de 15 ans et un moufflet rappeur (ptdr) de 8 ans, surdoués et tenant des discours dignes d’universitaires en fin de cursus. re-ptdr.

s’il n’y avait que ça.

on finit par se poser la question qui tue: où shyamalan nous emmène-t-il avec cette scary story (car oui, contrairement à ses précédents films, the visit n’est pour une fois rien d’autre, et c’est peut-être la plus grande faiblesse du film)? la réponse vient vers la fin avec un twist qui ne rattrape que partiellement l’agacement que l’on a pu ressentir à écouter ses mômes se la raconter avec des répliques d’adultes sur des problèmes existentielles (caractérisation des personnages à un franc vingt) ou la réalisation d’un film (mise en abyme à cinquante centimes d’euros) débitées avec le plus grand sérieux. la mamie, interprétée par deanna dunagan, est loin devant avec sa composition de grand-maman cookies inquiétante à ses heures (après 21h30 en fait)…

le film, un film d’horreur qui ne s’assume pas (trop vulgaire pour sieur shyamalan?) mais utilise tous les codes du genre (« je descends maintenant à la cave »… « qu’est-ce que c’est que ce bruit derrière la porte? ouvre pour voir… » (et caetera), sans compter les apparitions-surprises appuyées par un sound design étudié), est, lui, loin derrière dans la filmo du réal philadelphien d’origine pondicherryste (-rienne? -riane?). bref, avec lui, c’est toujours très prometteur et souvent, je dirais même désormais presque systématiquement, (très) décevant…

l’avis, pour qui ne connaît pas shyamalan (et qui ne connaît rien aux films d’horreur)…
ô toi qui es dans ce cas, lève-toi et précipite-toi dans le cinéma le plus proche pour découvrir ce bijou du cinéma d’horreur. ce film te fera, à trois ou quatre reprises, décoller de ton siège dans des cris mi-sincères mi-amusés, que tu ne pourras cependant exprimer qu’à moitié à cause de tout le pop-corn que simultanément tu ingurgiteras. ça fera peut-être du bien à ta culture cinoche (variante optimiste). à ton poids, par contre (version réaliste)…