aardman, musée art ludique, paris

debut1
s’il y a une exposition qui m’a directement transporté à l’époque où je rêvais de travailler pour walt disney, c’est bien celle-là. je devais avoir 9 ou 10 ans et j’adorais dessiner, passant une grande partie de mon temps libre à…

… reproduire les bd qui me tombaient sous la main. plus tard, je m’essayai au dessin animé et au film d’animation, mettant à profit la caméra super-8 que mes parents m’avaient offerte et la bonne volonté d’un ami (il se reconnaîtra s’il lit ces lignes). devant le constat d’un talent limité et d’un manque de patience, j’abandonnai mes velléités plastiques et dessinatoires avant qu’elles ne se fussent véritablement épanouies. heureusement, d’autres, bien plus inspirés, se chargèrent de poursuivre mon rêve, ou plutôt de me faire rêver par procuration.

les studios aardman sont de ceux-là.

fondés à bristol en 1972 par peter lord et david sproxton, les studios aardman ont fait considérablement évoluer l’animation, principalement mais pas seulement en 3 dimensions (celle que l’on appelle vulgairement en « pâte à modeler »). rejoints en 1989 par nick park, ils révolutionnent les procédés, tant avec des films et des personnages simplissimes (morph) qu’avec des métrages, des décors et des histoires beaucoup plus élaborés, créant de nouveaux standards et raflant au passage les récompenses les plus prestigieuses.

bref, comme d’habitude, vous en saurez plus sur les studios en cliquant sur le mot ici.

la prise de photos étant interdite, les images qui suivent sont donc empruntées au site de l’expo.

l’un des premiers décors originaux présentés dans l’exposition. celui-ci est issu du film les pirates! bons à rien, mauvais en tout (peter lord, 2012) -, illustre la minutie des équipes de maquettistes, qui vont jusqu’à fabriquer 40 000 petites pièces pour donner une idée de la fortune de la reine victoria. ce travail de titan (et de fourmi) permet d’apporter toute sa richesse et sa crédibilité à une scène. il y a toujours dans ces décors des détails loufoques qu’on n’a pas le temps de remarquer dans les films. ici, la joconde et le sarcophage de ramsès (que l’on devine sur l’image) sont à moitié enfouis dans la montagne de pièces…
toute la folie d’aardman dans cette maquette de 4m de long et autant de haut, construite pour les besoins des pirates! bons à rien, mauvais en tout (peter lord, 2012). elle n’entrait même pas par les portes du studio…
le décor de droite, lui aussi original, présente gromit caressant sa courgette géante (si j’ose dire), dans le film wallace et gromit: le mystère du lapin-garou (nick park, 2005). le décor a demandé 6 mois de travail, le tournage 3 semaines et pour finir, la séquence a été coupée au montage.
l’intérieur du manoir de lady tottington dans wallace et gromit: le mystère du lapin-garou (nick park, 2005). avec, là encore, d’ébouriffants trésors de détails…
une boutique (décor original) du film rasé de près (nick park, 1995), oscar du court-métrage d’animation, hallucinant de détails…

au total, on découvre avec ravissement 50 décors originaux et autant de personnages authentiques, ainsi que de très nombreuses pièces, de la fusée de la grande excursion, première aventure de wallace et gromit nommée aux oscar en 1989, à la machine volante de chicken run (nick park et peter lord, 2000), l’un des rares accessoires du film à avoir échappé à un incendie, et donc présentée en première mondiale, en passant par 350 esquisses, recherches de personnages, jamais encore présentées au public, notamment celles retraçant la naissance de wallace et gromit (wallace en paysan moustachu (lol) et gromit en gros toutou rondouillard) ou des sculptures de personnages comme ginger (chicken run) ou adam, perché sur sa petite planète.

sont également présentés sur écrans des classiques de la stop motion, technique image par image dans laquelle les studios sont passés maitres, tels l’avis des animaux (creature comforts, oscar du court-métrage d’animation, 1989), pib et pog (1995), morph (1995), mais aussi de l’animation en 2d, images de synthèse (souris city, 2006, et mission noël, 2011).

du coup, je me suis offert une petite sculpture de mon meilleur copain, j’ai nommé gromit…

cette petite figurine (15,5×15,5 cm) en porcelaine est une réplique de l’une des 80 sculptures géantes placées en 2013 dans les rues de bristol, à l’occasion d’une grande campagne menée pour une oeuvre de charité, l’hôpital pour enfants.

un conseil: précipitez-vous-y (oui, je sais, c’est difficile à dire)!

aardman, l’art qui prend forme, jusqu’au 30 août 2015. musée art ludique, 34, quai d’austerlitz, 75013 paris. entrée: € 15,50.