les minions

les minions
réal. pierre coffin, kyle balda, scénario brian lynch, d’après les personnages créés par éric guillon, int. (voix originales) sandra bullock, jon hamm, michael keaton, jennifer saunders, geoffrey rush, (voix françaises) marion cotillard, guillaume canet, gad elmaleh. 2015, 91′. 3 pouces

le synopsis
depuis la nuit des temps, bien avant l’apparition de l’homme sur la terre, ces créatures monocellulaires que sont les minions sont au service des êtres les plus abjects. mais…

… la disparition, répétitive et prématurée, de ces derniers, souvent due aux minions eux-mêmes, a plongé les petites créatures dans une dépression. jusqu’à ce que l’un d’eux, kevin, ait une idée…

l’avis
le film est bien fait mais, passée la première demi-heure, peine à garder intact l’intérêt du spectateur. en bref, c’est comme omar et fred: c’est drôle en sketches, sur format court, mais dès lors qu’on étend ce format, en l’occurrence quand omar et fred font un « twomen show », la magie n’opère plus. les minions n’échappe pas à cette « règle »: ils sont drôles lors de courtes apparitions/séquences, moins sur de longues. de plus, leur esperanto, sorte de mélange de langues qui fait tellement rire sur des sketches, lasse un peu sur la distance. en un mot, ils sont d’excellents seconds rôles, mais pas de bons premiers. en tout cas dans ce film, avec ce scénario.

le fait qu’on décroche un peu au bout d’un moment tient sans doute aussi à « l’écriture » du personnage de la méchante. scarlett overkill n’a ni relief ni profondeur, elle n’est « que » méchante, empêchant toute identification sérieuse. vous me direz, c’est un film sur les minions et, pour une fois, le méchant tient le rôle secondaire. certes, mais leur existence oisive n’a que peu d’intérêt. les minions n’existent que par et pour un méchant de grande envergure qui les met donc en valeur. donnez-leur un méchant de peu d’envergure et les minions perdent un peu de leur intérêt. or si l’on y regarde de plus près, tous les méchants présentés dans l’intro ne sont « que » méchants (le t-rex, dracula, napoléon, l’abominable homme des neiges, etc.). donc on se dit, celui qu’ils vont trouver et qui va constituer l’essentiel de l’histoire, va être au moins aussi bien que gru. raté.

car gru est à des années-lumière de tous les villains qu’on peut imaginer. c’est un personnage dont la méchanceté ne peut jamais être prise au sérieux. il y a toujours chez lui presque une tendresse qui le rend éminemment humain, parfois attendrissant, mais jamais détestable, comme le prétend le titre, sur le mode ironique, bien sûr.

le film, cependant, reste regardable, bien sûr, mais n’espérez pas éclater de rire du début à la fin…