american horror story

American Horror Story
série américaine créée par ryan murphy & brad falchuk, int. connie britton, dylan mcdermott, taissa farmiga, evan peters, jessica lange, frances conroy, sarah paulson, alexandra beckenridge, denis o’hare, kate mara, zachary quinto, james cromwell, joseph fiennes, lily rabe. saison 1, 12 épisodes,…

… saison 2, asylum, 13 épisodes, saison 3, coven, 13 épisodes, saison 4, freak show, 13 épisodes, saison 5, hotel, 13 épisodes (en production). 3 pouces.

les synopsis
saison 1: de nos jours, une famille emménage dans une maison peuplée des fantômes des anciens occupants qui les confrontent à leurs peurs les plus profondes. saison 2: en 1964, dans un hôpital psychiatrique, des expérimentations ont lieu en secret sur les pensionnaires. saison 3: je ne l’ai pas encore vue lol…

l’avis
la série n’est pas ce qu’on pourrait appeler nouvelle mais j’ai retrouvé cette chronique que j’avais rangée dans les brouillons en attendant de voir toutes les saisons. et puis, comme bien sûr je n’ai pas eu le temps de les voir, et que je dois avouer que j’ai un peu décroché, je me suis dit que je pourrais faire partager ce que j’ai déjà vu.

l’idée des créateurs et scénaristes est de nous confronter à nos peurs par différents leviers: le surnaturel (les fantômes) dans la première saison, la folie et la torture dans la deuxième (asylum = asile psychiatrique), la sorcellerie (coven = assemblée de sorcières) dans la troisième. l’originalité vient du genre même de la série – fantastique-horreur – et du fait que l’on retrouve les mêmes comédiens d’une saison à l’autre (à quelques exceptions près) mais dans des rôles différents, ce qui peut paraître assez déroutant.

cela étant dit, et en dépit d’avis plutôt dithyrambiques, j’ai un peu de peine avec cette série. tout d’abord sur la forme: le générique très prometteur, quoique très pompé sur celui de seven, instille une ambiance réellement oppressante et laisse présager une beauté et une profondeur pas seulement stylistiques. l’ambition affichée – traiter de la peur à travers une série classée dans le genre horreur (moi qui en suis friand, en plus) – est très réjouissante et plutôt courageuse.

comme toujours, la déception est à la hauteur de l’attente.

et cette déception est assez subtile car les acteurs sont tous bien.

pour la première saison, par exemple, et malgré toutes les explications que j’ai pu entendre ou lire sur la symbolique qui se veut très étudiée (chaque fantôme a sa signification propre/représente une peur) et l’atmosphère très stylisée, une question persistante finit par laisser perplexe, empêchant l’adhésion totale: comment se fait-il que les non-morts puissent interagir avec les vivants (jusqu’à pouvoir inséminer)? une question qui crée une gêne dont on n’arrive pas à se départir et qui gâche un peu le plaisir. de plus, la réponse donnée lors du dernier épisode de la saison n’est qu’à moitié crédible/satisfaisante.

la deuxième saison est déjà plus cohérente (sans doute parce que plus « classique » dans la structure narrative). et la glauquitude de l’atmosphère est plus réussie. il faut dire que les décors sont particulièrement bien rendus. d’autre part, il est un peu troublant de retrouver certains acteurs de la saison précédente dans des rôles sans liens avec ceux qu’ils interprétaient, mais, cette micro-gêne passée, on se laisse embarquer dans cette histoire d’asile psychiatrique dirigée d’une main de fer par une religieuse qui, 15 ans auparavant, n’en était pas une (lange parfaite), peuplée de fous qui, pour beaucoup, n’en sont pas et, pour certains, sont enfermés là pour des crimes dont il n’est pas clair qu’ils les aient commis ou pour expier ce que la société de l’époque (1964) juge comme une maladie mentale (l’homosexualité par exemple, féminine en l’occurrence). l’apparition de certains personnages apportent une autre dimension au récit. comme celui du docteur arden (cromwell toujours aussi impressionnant du haut de ses quasi-deux mètres) qui introduit les notions d’expérimentation, de sadisme, de douleur, voire de torture. ou celui du docteur thredson (quinto bien ambigu) qui n’est autre que… mais n’en disons pas plus. et des guests comme l’allemande franka potente (cours, lola, cours) qui campe ici une anne frank (ou est-ce vraiment elle?) rescapée des camps, 15 ans plus tard.

les autres saisons au prochain épisode…

outre le fait que je n’ai jamais vraiment croché sur cette série, je dois quand même avouer qu’elle tranche nettement dans le paysage des séries actuelles et prend des partis radicaux, esthétiques, narratifs ou thématiques, qui sont plutôt réjouissants. et rien que pour ça, american horror story mérite d’être saluée.

le générique de la série vous fait furieusement penser à celui de se7en? c’est normal, c’est le même gars qui l’a fait: kyle cooper, designer-réalisateur souvent comparé à saul bass, graphiste qui révolutionna jadis l’affiche de cinéma et le « title sequence », autrement dit le générique d’ouverture, en élevant ce qui n’était jusque-là qu’un détail au rang d’art à part entière. ainsi son talent novateur s’exerça sur des films comme l’homme au bras d’or (preminger, 1955), la mort aux trousses (hitchcock, 1959) et psychose (hitchcock, 1960).