gone girl

gone girl
réal. david fincher, scénario gillian flynn, int. ben affleck, rosamund pyke, neil patrick harris, tyler perry, carrie coon, kim dickens, emily ratjkowski. 2014, 149′. 3 pouces

le synopsis
chômeur, infidèle et un peu loser, nick dunne (affleck) signale la disparition de sa femme, l’écrivain à succès amy dunne (pike). à mesure que l’enquête progresse, l’image du couple modèle qu’ils formaient aux yeux de l’amérique…

… s’effritte et tout pousse la police et les media à suspecter nick de meurtre…

l’avis
construction machiavélique, ce scénario à rebondissements montre l’engrenage médiatique et publique qui peut facilement conduire un être humain à se faire lyncher. il montre combien il est facile de fabriquer des preuves pour faire accuser quelqu’un et combien la police est prompte à vous enfermer avant de vous entendre, si toutes les preuves vous accablent. en même temps, il est aussi très habile à faire passer la victime pour une salope de première et le salaud pour la victime (il faut dire qu’à cause de son apparente froideur, rosamund pike se voit souvent confier des rôles de femmes calculatrices).

j’ai entendu çà et là que la fin est prévisible. elle l’aurait été si le personnage d’amy ne se faisait pas voler son argent. car jusque-là, elle était bien partie pour disparaître en livrant son mari en pâture aux media, à la justice et à la foule déchaînée. seulement voilà, elle se fait dérober son blé. et doit improviser. et c’est à partir de ce moment-là que l’auteur – gillian flynn, qui adapte ici son propre roman – brouille les cartes et que la fin s’éloigne de ce qu’on imaginait. la scénariste évite aussi le piège du massacre final qui aurait fait de gone girl (publié en français sous le titre les apparences) une bête histoire de vengeance.

qu’on ne s’y trompe pas: si le personnage du mari est bel et bien un loser victime de sa conception erronée du mariage et soumis à une femme bien trop intelligente pour lui, celui de l’épouse est bel et bien une femme brillante qui a épousé un homme qui « croyait qu’il pourrait y arriver ». cela fait-il d’elle une salope de première? au vu de son passé de victime de viol fabriquée de toutes pièces et de ce qu’elle imagine pour donner une leçon à son mari volage? mmm laissez-moi réfléchir: OUI!!!! une salope doublée d’une dangereuse psychopathe. et c’est vrai qu’au bout d’un moment, on a envie de la clouer elle au piloris et de le prendre lui en pitié. sauf que le scénario, intelligent, se garde d’être aussi manichéen.

certes, la fin n’est pas la seule qu’on pouvait imaginer, mais c’est la seule qui illustre l’enfermement des deux protagonistes, la « prison » (le mariage, une prison? drôle d’idée) qu’ils ont eux-mêmes contruite aux yeux du monde et dans laquelle leurs mensonges respectifs les ont conduits.

mais j’en ai déjà trop dit. allez voir ce film, il est un peu long mais il est bien écrit et offre donc un bon moment de cinéma.