jurassic world

jurassic world
réal. colin trevorrow, scénario rick jaffa, colin trevorrow, amanda silver, derek connolly, d’après l’oeuvre de michael crichton, int. chris pratt, bryce dallas howard, nick robinson, ty simpkins, b.d. wong, judy greer, irrfan khan, vincent d’onofrio, omar sy. 2015, 124′. 2,5 pouces

le synopsis
après sa fermeture il y a plus de 20 ans, le parc a rouvert et a pris des proportions gigantesques. il abrite aujourd’hui un dinosaure génétiquement modifié: l’indominus rex…

l’avis
je me réjouissais. j’ai été déçu.

on se dit, il va y avoir du nouveau côté histoire. peau de balles et variété: les clins d’oeil au premier épisode (le meilleur, de loin) sont très appuyés, au point de devenir lourdingues au bout d’un moment. ils auraient pu passer pour des hommages s’ils n’avaient masqué un manque patent d’imagination scénaristique. mais j’oubliais celles et ceux qui étaient sur mars en 1993 (et depuis les 22 dernières années), et qui ont besoin d’un résumé genre « previously on jurassic park » pour comprendre l’intrigue. je plaisante.

on se dit, il va y avoir du nouveau côté créatures. que dalle, des clous. si: l’indominus rex, qu’on nous présente comme un croisement d’espèces, un jamévusaure, qui ne sait même pas lui-même quelle espèce de bestiole il est. on s’attend à quelque chose de la taille de godzilla, genre grand comme un immeuble de 30 étages. total: un dino qui a certes plus de dents, mais qui n’est pas plus grand qu’un t-rex.

on se dit, ils vont mettre le paquet sur les effets spéciaux. nib, zob. même les brachiosaures paissant paisiblement sur les plaines font documentaire d’arte sur l’époque préhistorique. comme ils ont cruellement manqué d’imagination sur ce coup-là (on peut d’ailleurs s’étonner que spielberg ait produit ce film), ils nous ont refait le troupeau d’autruches préhistoriques dépassant la jeep des touristes, mais pas seulement.

on se dit, bon, ils vont se défouler sur « la catastrophe annoncée », à savoir le dino d’un genre prétendument nouveau s’attaquant (miam miam) à la masse globalement grasse et populacière des 20 000 touristes (par jour) qui ne se doutent de rien. ça va être massacre à la tronçonneuse sans tronçonneuse, la boucherie sans boucher, des membres déchiquetés sans chiqué, des enfants emportés par des ptérodactyles pour être démembrés en vol, bref: on se dit que ça va être sympa. au lieu de ça: nichts, nüt, rien de chez rien. tout au plus a-t-on droit à quelques volatiles vindicatifs qui font des piqués sur des gens mollement affolés avec effets spéciaux visibles et un combat final entre un t-rex (à ma gauche) et l’indominus (à ma droite), trois raptors (un peu partout) et les « héros » (au centre) qui ressemble furieusement à celui du premier. pfff, se dit-on dépité: encore une resucée…

vous l’aurez compris, on passe tout le film à se dire des choses qui n’arrivent pas. le film de spielberg reste décidément, à ce jour, inégalable, tant au niveau de l’histoire que de celui des effets. rien, mais absolument rien de nouveau sous le soleil de cette île du costa rica…

si, soyons fair play, il y a 4 nouveautés:
– omar parle un peu anglais,
– ils ont trouvé un moyen « d’apprivoiser » les vélociraptors,
– il y a beaucoup plus d’écrans de contrôle,
– les jeep électriques destinées aux visiteurs ont été remplacées par des bulles qui glissent sur l’herbe.

de plus, b.d. wong (qui, tous les acteurs du premier opus, est le seul à reprendre du service) et vincent d’onofrio se retrouvent après new york section criminelle. on est content pour eux. on est aussi content pour le box office qui fonctionne à 300 à plein tube. le film s’annonce ainsi comme l’un des gros blockbusters de l’été 2015 avec plus de 2 millions d’entrées en france en une petite semaine d’exploitation. il paraît d’ailleurs qu’une suite serait en préparation. on espère que les scénaristes seront plus inspirés.

la bande-annonce est bien fichue (comme toutes les bandes-annonces) et le film, cela dit, se laisse regarder sur grand écran en 3d. n’empêche, il est très décevant…