the giver

the giver
réal. philip noyce, int. jeff bridges, meryl streep, brenton twaites, alexander skarsgard, katie holmes, odeya rush, cameron monaghan, taylor swift. 2014, 97′. 2,5 pouces

le synopsis
dans un futur lointain, les émotions et les souvenirs ont été éradiqués, et les hommes…

… vivent dans la paix et l’harmonie selon des rites très stricts. seul le « giver » (le passeur) a le droit de se souvenir du passé en cas de nécessité. jonas (twaites) est désigné comme le prochain…

l’avis
après « l’anéantissement », des communautés sont nées. protégées par la frontière. tous les souvenirs ont été effacés. l’humanité est repartie de zéro, en créant une nouvelle société fondée sur une véritable égalité, dont les « règles » sont le fondement: utiliser un langage précis, porter les vêtements prescrits, respecter le couvre-feu, ne jamais mentir. et recevoir la médication.

douchée par les conflits mondiaux et la destruction de la civilisation qui s’est ensuivie, et pour ne pas revivre de nouvelles guerres, mettre un terme aux atrocités, dues à la haine, à la peur, à la souffrance, à l’égoïsme, à la cupidité, à la convoitise, l’homme a fini par imposer la pensée unique. comment? en lobotomisant ses semblables, en gommant les sentiments, sources potentielles de conflits, en interdisant la curiosité, qui mène aux découvertes, qui mènent à la connaissance, qui mène au questionnement, qui mène à la révolution, en effaçant les souvenirs, dangereux pour l’éducation de ceux qui n’ont rien connu, et, par voie de conséquence, en mettant au ban ceux qui auraient la mauvaise idée de sortir du rang, c’est-à-dire en bannissant la richesse et la diversité qui fait toute la beauté de l’espèce humaine.

avec l’aide, il est vrai, d’injections matinales, censées maintenir celles et ceux qui les reçoivent dans un état d’asservissement doux et consenti parce qu’inconscient de sa véritable nature, d’une discipline très stricte, quasi militaire, assurée par un conseil de sages et d’une ritualisation poussée à l’extrême de chaque étape majeure de la vie: la naissance, le passage à l’âge adulte – chaque enfant de la communauté se voyant attribuer, l’âge approprié venu, une fonction au sein de la société – et la retraite des aînés (« the ceremony of the release to elsewhere », flippant).

et pour souligner visuellement cette uniformisation de la société, les hommes ne voient plus les couleurs et vivent donc dans un monde en noir et blanc.

nombreuses sont les oeuvres de fiction fondées sur des dystopies dépeignant un monde froid et sans humanité, qu’il soit crasseux ou aseptisé, auquel des jeunes gens refusent de se soumettre, devenant par là même des héros. the giver est l’adapation d’une tétralogie signée lois lowry, parue en 1993, bien avant la mode des romans pour jeunes adultes comme twilight, hunger games ou le labyrinthe, où celui par qui la révolution arrive est précisément celui qui devait être le gardien de la pensée unique.

la réflexion est intéressante mais l’idée est loin d’être nouvelle. mais elle est intéressante. mais elle fonctionne. mais elle est loin d’être nouvelle. mais elle est intéressante. ok j’arrête. mon père, avec qui j’ai visionné le film, a tout résumé en s’exclamant au beau milieu: « il ne nous apprend rien, ce film! »

malgré la présence au générique d’acteurs oscarisés, the giver donnera-t-il lieu à des suites, comme ses homologues précités? en fait, on s’en fout un peu…