la french

la french
réal. cédric jimenez, scénario audrey diwan, cédric jimenez, int. jean dujardin, gilles lellouche, céline sallette, mélanie doutey, benoît magimel, guillaume gouix. 2014, 130′. 3,5 pouces

le synopsis
1975. à la tête d’une organisation marseillaise connue sous le nom de french connection qui exporte de l’héroïne dans le monde entier, et en particulier aux états-unis, gaëtan zampa (lellouche) est alors…

… intouchable. nouvellement nommé juge au grand banditisme, mais sourd aux mises en garde de ses supérieurs et utilisant des méthodes peu orthodoxes, le juge pierre michel (dujardin) part seul en guerre contre le crime organisé.

l’avis
les luttes de juges solitaires et limite hors-la-loi contre les organisations mafieuses, morts assassinés dans l’exercice de leurs fonctions, ne sont pas isolées: françois renaud (1975), pierre michel (1981), giovanni falcone (1992), paolo borsellino (1992), bernard borrel (1995). il y en a sûrement d’autres mais la liste est déjà bien trop longue. si ces luttes ne sont pas isolées, elles sont le plus souvent méconnues, le cinéma s’intéressant généralement davantage aux truands qu’aux hommes de loi (borsalino, mesrine, francis le belge, etc.).

ici c’est donc à l’homme de loi que le film s’intéresse, un homme sans peur qui contribua à mettre à bas cette french connection qui empoisonna le monde, au sens propre du terme. trois ans après son assassinat, zampa, emprisonné, se pendra dans sa cellule.

même s’ils n’ont que deux scènes ensemble, dont une confrontation qui constitue le centre du récit, indiquant que la guerre était ouverte entre les deux hommes qui se connaissaient et ne cachaient ni l’un ni l’autre leurs intentions, le « duo » des deux potes dujardin-lellouche fonctionne très bien, même si le registre est bien différent de celui des deux infidèles pathétiques. dujardin trahit cependant son background de gai luron je-m’en-foutiste avec quelques infimes mimiques que décèleront tout de suite ceux qui le connaissent. du coup, ça casse par moments le personnage qu’il s’évertue à construire au fil des séquences. pour autant, il n’en est pas moins crédible dans la peau de ce don quichotte des temps modernes.

pour les amateurs du genre…