lumière!

lumière!
à l’occasion du 120e anniversaire de la naissance officielle du cinématographe, le grand palais propose jusqu’au 14 juin une exposition splendide et très généreuse (en termes de proportions), au titre à double sens, sur l’influence des frères lumière sur…

… l’une des plus grandes et des plus belles inventions des temps modernes.

on connaît tous l’histoire: elle commence au salon indien du grand café, boulevard des italiens, à paris, le 28 décembre 1895. pourtant lyonnais, louis et auguste lumière choisissent paris pour présenter ce qui allait révolutionner la manière de raconter des histoires: le cinématographe. la sortie d’usine (de leur usine de la rue du premier film, à lyon) et l’arrivée du train en gare de la ciotat figurent parmi les films projetés alors qui laissent abasourdis les 33 spectateurs, parmi lesquels un certain georges méliès, futur inventeur du trucage, et qui proposera aux frères de leur acheter leur procédé. sans succès, comme on sait. la salle et la projection ont bien sûr été recréés pour l’expo.

les frères lumière n’ont pas inventé la technique de l’image animée, mais, en fins industriels et hommes d’affaires, ils seront les premiers à la diffuser largement, à en faire un outil de communication, ne lésinant pas sur les moyens pour envoyer des opérateurs aux quatre coins de france et du monde pour rapporter des images d’endroits proches et lointains, inventant du même coup le reportage et l’image d’actualité.

les frères ne s’arrêteront pas là puisqu’ils inventeront entre autres, et c’est l’objet de la première partie de l’expo, le cinématographe, appareil permettant de filmer, de tirer des copies et de les projeter, l’autochrome, procédé rendant accessible au plus grand nombre la photographie couleur, et le photorama, dispositif permettant de prendre et de projeter des images à 360°. au total 1500 films sont visibles, formidable témoignage sur la vie quotidienne d’une époque,  son ouverture au monde, mais aussi sur les débuts de l’écriture cinématographique. une maquette reproduit aussi l’usine des frangins à lyon et une projection grandeur nature du photorama permet de se rendre compte que l’on n’a rien inventé.

la seconde partie de l’exposition s’intéresse à l’héritage des frères lumière et pose la question du devenir du cinéma, tant du point de vue des techniques de filmage que de l’avènement des nouveaux supports du film (et donc de la disparition des anciens), de l’argentique au numérique, du celluloïde à la dématérialisation.

magnifique, instructif et ludique. toute la magie du cinéma est restituée. courez-y aussi vite que possible! si vous êtes dans le coin, bien sûr.

grand palais, salon d’honneur, du 27 mars au 14 juin 2015. entrée € 14.-.