sabotage

sabotage
réal. david ayer, scénario skip woods, david ayer, int. arnold schwarzenegger, sam worthington, olivia williams, joe manganiello, josh holloway, terence howard, mireille enos, harold perrineau, max martini. 2014, 109′. 3 pouces

le synopsis
un commando d’élite est chargé de prendre d’assaut le siège d’un important cartel. durant l’opération, les agents dérobent 10 millions de dollars. mais…

… l’argent disparaît et les agents, pourtant surentraînés, sont tués l’un après l’autre.

l’avis
je sais ce que vous allez dire… schwarzy, gros muscles, dégommage à tous les étages, scénario au raz des pâquerettes. eh bien vous avez (un peu) tort.

même s’ils peuvent être fondés, les préjugés à l’encontre du chêne autrichien ont certes la vie dure, mais on peut honnêtement lui accorder le bénéfice de l’effort. car le colosse de thal a toujours cherché à diversifier ses rôles, avec des succès divers, même s’il est mauvais acteur et qu’il est desservi par cet accent ridicule dont il n’est jamais parvenu à se départir (le summum était quand même, il faut le reconnaître, ce t-800, robot sophistiqué venu du futur, qui parlait, heureusement pas beaucoup, avec un accent autrichien. il fallait le faire, il l’a fait).

depuis qu’il est de retour aux affaires, si l’on peut dire, après son épisode governator, il n’arrive plus vraiment à percer, avec ses quelques métrages diversement appréciés. le dernier rempart, le film de son come-back, fit on s’en souvient un flop retentissant. perte de masse musculaire oblige (quoique), le vieux schnock fait ringard dans le film d’action pur qui fit jadis son succès. mais monsieur muscle s’acharne et cherche, plus trop le choix s’il veut renaître de ses cendres, des rôles qui font dans l’auto-dérision (expendables, quand même un peu lourdingue, avec ses « i’m back » à tout bout de champ), ou des personnages nourris par des scénars dignes de ce nom.

alors oui, dans sabotage, son personnage a quelque chose du dutch de predator, schwarzenegger n’a jamais fait dans la dentelle. mais les cheveux ont blanchi et le muscle n’est plus aussi saillant qu’autrefois (le bougre affiche tout de même bientôt 68’000 km au compteur). aussi, bien plus intelligent qu’un van damme (ce n’est pas bien difficile, remarquez), notre arnold semble vouloir entrer désormais dans la peau de personnages (un peu) plus complexes et se met au service d’histoires plus intéressantes. témoin, sa tentative d’évasion, avec son compère et ex-rival stallone, avait fait mouche car le scénar avait mis la barre plus haut que d’habitude.

ici c’est pareil. ce thriller aux apparences trompeuses aurait pu être écrit par un david mamet (en petite forme il est vrai) et donne à ces meurtres mystérieux un look stylistique proche des débuts d’un david fincher (d’accord, au lit avec 40 de fièvre). n’empêche, s’il est assez curieux, le mélange se laisse regarder…