big hero 6 (3d)

big hero 6
réal. don hall, chris williams, scénario jordan roberts, robert l. baird, daniel gerson, int. scott adsit, ryan potter, daniel henney, t. j. miller, jamie chung, damon wayans jr., genesis rodriguez, james cromwell. 2015, 102′. 3,5 pouces

le synopsis
petit génie de la robotique, hiro (potter, et non pas harry potter) rêve d’entrer dans la prestigieuse école du professeur callaghan (cromwell) et rejoindre son frère tadashi (henney) qui a inventé le robot infirmier baymax (adsit). il met alors au point…

… des microrobots capables, lorsqu’ils sont commandés par cérébro-transmetteurs, de s’assembler et de prendre n’importe quelle forme. or tadashi disparaît dans une explosion et hiro ne peut désormais compter que sur baymax et ses quelques amis pour tenter de découvrir ce qui s’est réellement passé.

l’avis
quand on sait que marvel entertainment s’est fait racheter par la walt disney company en 2009 et que ce film est le premier des studios disney à adapter un comic de marvel, on comprend mieux cet étrange mélange à la mode scooby doo nouvelle génération, où des super-héros vivent une grande aventure lego avec un zeste d’esprit james bond pour enfants mâtiné de akira soft. un héros improbable, une bande de potes avec chacun une caractéristique. finalement on n’en sort pas.

pas forcément évident d’entrer dans cet univers pour qui n’est pas spécialement fan de mangas. en fait, dans le comics, qui n’est pas un manga, l’action se déroule au japon, à tokyo, mais les scénaristes du film s’en sont éloignés, allant même jusqu’à supprimer certains personnages. ainsi, si le film est passablement imprégné de l’esprit mangas, la sauce est assez « occidentalisée » (il faut bien ratisser large en termes d’audience). pourtant, la mayonnaise prend assez vite et on finit par se laisser prendre par ce mélange amérique-japon, matérialisé par la ville au nom pas très « esthétique » de san fransokyo mais qui amène, par son mélange d’architecture, une dimension qui se prête parfaitement au propos. si les personnages principaux sont typés « légèrement » asiatiques, un peu comme dans les mangas, mais sans être clairement estampillés mangas, leur nom – comme celui de la ville – sont fidèles au comic original. pour l’anecdote, le film devrait bientôt être adapté en manga. et la boucle sera bouclée. lol

était-ce parce qu’ils ne retrouvaient pas l’univers du comic ou parce qu’ils avaient de la peine à entrer dans celui du film? un peu des deux, sans aucun doute. quoi qu’il en soit, les créateurs du film se sont heurtés, lors des premiers screen tests, à des réactions sinon hostiles, du moins indifférentes de la part de spectateurs peu touchés par l’histoire et ont dû remettre leur ouvrage sur le métier à plus d’une reprise. et surtout y ajouter de l’humour car, à la base, le film n’est pas spécialement drôle. en fait, ce n’est pas du tout une comédie. à y regarder de plus près, le seul personnage à en injecter vraiment durant tout le métrage est ce robot infirmier du nom de baymax, qui vole la vedette au principal protagoniste et qui, pour inexpressif qu’il soit – imaginez un gros marshmallow qui n’a pour toute physionomie que deux trous noirs pour les yeux reliés par un trait – réussit le prodige d’être touchant et tendre (mais comment font-ils?).

très tôt dans l’histoire, le jeune hiro (héros?), 14 ans, perd donc son modèle et mentor (incarné par son frère), et va devoir se débrouiller seul pour 1. trouver qui l’a tué, 2. le capturer et rétablir l’ordre des choses et 3. devenir un homme (un hiro héros?). reprenant les codes des super-héros (gadgets, combinaisons, exploits, etc.), mais assez loin du style marvel ou dc comics, le film repose sur le thème du passage à l’âge adulte en acceptant sa différence – finalement on n’en sort pas, pas mal de films que j’ai vus récemment s’articulent autour de ce thème universel (jupiter ascending, whiplash, elle l’adore, dragons…) – avec toutefois une réflexion sur le deuil, l’amitié et l’amour.

même si scénaristiquement parlant, au fond rien ne change, big hero 6 donne l’impression d’apporter quelque chose de nouveau. un peu déroutant mais sympa.

chaque nouveau dessin animé étant pour les studios (quels qu’ils soient) l’occasion de créer ou d’inventer une nouvelle technique. ici, ce sont deux programmes, l’un appelé « denizen factory » (« usine à habitants »), permettant de créer des personnages uniques pour peupler la ville de san fransokyo. 670 personnages différents et uniques ont ainsi pu être créés, battant le record de la reine des neiges qui était de 270. de même, un moteur de rendu appelé hyperion a été créé pour perfectionner les détails des décors et des bâtiments. sans parler des quelques clins d’oeil qui parsèment le film et qui s’adressent aux fans absolus (dont je ne fais bien sûr pas partie), tels le portrait de stan lee, accroché à un mur dans la maison de fred, l’affiche « wanted » au poste de police, avec le visage de hans, héros de la reine des neiges, sur le bureau du policier, un cadre avec la photo de volt, le chien de volt, star malgré lui, réalisé en 2009 par l’un des deux réal, chris williams. enfin, le mélange subtil d’action et d’émotion, qui sont la marque de fabrique des deux studios marvel et disney, a été respecté. cela dit, marvel a l’habitude de ressortir les comics pour assurer la promotion des films dont ils sont adaptés. dans le cas des nouveaux héros, l’univers du film étant trop éloigné du comic, ils se seraient abstenus pour ne pas perturber les fans.