the monuments men

monuments men
réal. george clooney, scénario george clooney, grant heslov, d’après l’oeuvre de robert m. edsel et bret witter, int. george clooney, cate blanchett, matt damon, bill murray, bob balaban, john goodman, hugh bonneville, jean dujardin. 2014, 118′. 3,5 pouces

le synopsis
un an avant la fin de la seconde guerre mondiale, 7 hommes, pour la plupart conservateurs de musées, architectes, artistes, historiens d’art, s’engagent dans le conflit avec pour mission de…

… récupérer plus de 5 millions d’oeuvres d’art que les nazis ont volés et dissimulés en europe, et de les restituer à leurs propriétaires. commence alors une course contre la montre pour retrouver ces témoignages de mille ans de culture occidentale avant qu’ils ne soient détruits par une allemagne sur le point de perdre la guerre.

l’avis
le monuments, fine arts and archives program fut un groupe créé par le général eisenhower en 1944. entériné par le président roosevelt et peu connu du grand public, le travail de ces douze hommes, aidés dans leur quête par une résistante déguisée en assistante d’un qg allemand, qui prétendait ne pas parler un mot d’allemand mais transmettait en fait des informations à la résistance, a permis, mine de rien, de sauver des millions d’oeuvres d’art.

je me disais, heureusement que hitler était amateur d’art, sinon toutes les capitales européennes auraient souffert de sa démence, dont paris, qui aurait sans doute été rasée. grossière erreur et ignorance crasse. en fait, hitler ne s’est pas contenté de piller les musées, églises et lieux de culture de l’europe entière: il a rédigé, le 19 mars 1945, le décret néron qui prévoyait de détruire, en cas de défaite allemande, les infrastructures de transport et de communication, mais aussi les installations industrielles et les dépôts d’approvisionnement. or les millions d’oeuvres d’art volées étaient stockées dans des mines de sel, de cuivre, etc., notamment en allemagne.

en plus de cette pression, les membres du groupe, dépêchés en france quelques semaines après le débarquement du 6 juin 1944, devaient retrouver ces oeuvres avant que l’armée russe ne mette la main dessus, pour se dédommager des millions de pertes humaines subies. ce qu’ils parviendront à faire.

le film raconte donc le travail de fourmi de ces quelques hommes (et femme) qui n’étaient même pas des soldats, dans des zones la plupart du temps particulièrement dangereuses. plusieurs y laisseront d’ailleurs la vie. bien sûr, ils n’ont pas été seuls dans cette tâche titanesque. le personnel de nombreux musées a joué un rôle actif. ainsi par exemple, la mona lisa sera déplacée plusieurs fois pendant le conflit pour éviter tout vol. parmi les oeuvres retrouvées et restituées, la madone de bruges, seule statue de michel-ange à avoir quitté l’italie de son vivant, et le retable de gand, saisi par hitler et entreposé d’abord dans un château en bavière, puis dans une mine de sel en autriche. cependant, plusieurs milliers d’objets n’ont malheureusement jamais été retrouvés. ça fait quand même froid dans le dos de constater à quoi des chefs-d’oeuvre de l’art occidental ont échappé.

plusieurs personnages du film sont directement inspirés des membres du groupe: frank stokes (clooney) rappelle l’historien d’art george stout, james granger (damon) rappelle james rorimer, directeur du metropolitan museum de new york et claire simone (blanchett) est directement inspirée de rose valland.

ce film remplit ce qu’il est convenu d’appeler un devoir de mémoire car le travail et l’action de ce groupe ont été complètement oubliés après la guerre. palpitant. et utile.