la vie d’adèle chapitres 1 et 2

la vie d'adèle
réal. abdellatif kechiche, scénario abdellatif kechiche, ghalya lacroix, int. léa seydoux, adèle exarchopoulos, salim kechiouche, jérémie laheurte. 2013, 177′. 2 pouces

le synopsis
la vie d’une fille de 15 ans (exarchopoulos) qui se cherche et dont la vie bascule le jour où…

… elle croise emma (seydoux).

l’avis
je vais sans doute me faire des ennemis en disant cela, mais je me suis grave fait chier. je sais, je vais à contre-courant de tous ceux qui pensent du bien de ce film – mais qui en fait n’ont sûrement aimé que les scènes de cul (qui, soit dit en passant, durent plus ou moins 10 minutes sur un métrage de près de trois heures). je n’ai absolument pas honte de le dire, mais le quotidien d’une ado qui se pose des questions existentielles avec sa bouche éternellement mi-ouverte (à gifler! et non, ce n’est pas sexy, cet air bovin), qui « discute » littérature la bouche pleine et se défend d’être une gouine alors qu’elle en est une, perso, ça n’éveille pas en moi un intérêt transcendant.

de plus, je ne suis pas non plus sidéré par la manière qu’a kechiche de filmer ses comédiens (une étude pertinente de l’adolescence par le truchement du cinéma-vérité, comme aurait résumé, dans pariscope, un critique bien inspiré). certes, tout y est, l’adolescence, la pertinence, le cinéma-vérité, et même le truchement. ben moi, ça m’emmerde, voilà.

alors oui, c’est typiquement un film dit d’auteur (kechiche ne fait pas spécialement dans le block-buster) puisqu’il y a une sorte d’étude avec une liberté de ton et un manque de moyens assumé (genre c’est pas ça l’important, tu vois), voire revendiqué (genre tout le fric qu’on n’a pas dépensé se voit à l’écran), mâtinée de scènes censées interpeller le spectateur au niveau de la réalité de son vécu.

certes, à défaut de gloser sur autre chose d’intéressant, on peut gloser des heures sur les scènes de sexe. florilège (en mode brèves de comptoir): pour des actrices qui font semblant, c’est quand même vachement convaincant / oui mais elles avaient des prothèses qui empêchaient le contact direct / et si ça avait été deux mecs, ç’aurait été un porno gay, alors qu’avec des filles, c’est différent / ouais mais c’est quand même vachement hard – ben oui mais c’est ça qui est fort, elles ont l’air de ne pas faire semblant / pour tourner ce genre de scènes avec autant de conviction, elles sont bi, c’est pas possible autrement / etc.

je n’en rajouterais pas si ce n’est que kechiche est, cela dit, un petit malin: il filme des scènes assez crues, mais ne montre jamais un trou de balle ou un poil pubien. même s’il montre ses comédiennes dans des positions qui ne souffrent aucune équivoque, il leur garde tout de même une certaine « pudeur » en les filmant sous des angles hyper-étudiés. il ne montre jamais une chatte (ben oui, appelons une chatte une chatte) mais laisse échapper une bite en érection. pourquoi? mystère. une bite serait-elle plus « acceptable » ou politiquement correcte à montrer qu’une chatte?

donc, j’ai fini par regarder le film en accéléré (technique efficace pour avoir l’impression que les bâillements durent moins longtemps) (du coup, j’ai loupé le passage du chapitre 1 au chapitre 2, mais bon, en même temps, j’ai envie de dire…). si bien qu’au bout d’un moment, les scènes de fesses ont fini par être pratiquement les seules que j’aie vues à vitesse normale (et même avec quelques arrêts sur image :O)).

à part ça, rien à dire sur cette oeuvre longuissime dont le succès et les récompenses me dépassent, mais genre complètement. ou alors je n’ai rien compris et j’exige qu’on m’explique, mais je vous préviens je serai difficile à convaincre.