dracula untold

dracula untold
réal. gary shore, scénario matt sazama & burk sharpless, int. luke evans, sarah gadon, dominic cooper, charles dance. 2014, 92′. 3,5 pouces

le synopsis
après s’être forgé une réputation de guerrier impitoyable, le prince vlad iii (evans) règne sur une transylvanie connaissant une paix relative avec un empire ottoman qui ne cesse de s’étendre. mais quand le sultan mehmet ii (cooper) réclame…

… 1 000 enfants transylvaniens pour grossir les rangs de son armée, vlad doit faire un choix: abandonner son fils, comme son père l’avait fait avec lui, ou refaire la guerre aux turcs. il va choisir de protéger sa famille et son peuple, quitte à faire appel à une créature des ténèbres (dance)… et se damner pour l’éternité.

l’avis
voilà donc le « untold » du titre. vlad l’empaleur ne devient pas le vampire que l’on connaît par rebellion contre dieu à la suite de la mort de sa bien-aimée, comme le laissa entendre coppola il y a plus de 20 ans dans « son » dracula, mais par rebellion contre un tyran ou par générosité, dans un élan pour protéger son peuple et sa famille. il passe donc un accord avec le démon du pic de la dent brisée, enfermé dans une caverne jusqu’à ce qu’un homme prenne sa place. le pacte prévoit qu’il acquerra la force de 100 hommes, la rapidité d’une étoile filante et les pouvoirs nécessaires à l’anéantissement de ses ennemis, mais sera pris d’une soif inextinguible de sang humain. s’il résiste pendant les trois premiers jours, il redeviendra mortel. mais s’il succombe à cette tentation, il sera damné pour l’éternité. et le sang qu’il finira par boire (ben oui, dracula va bien devenir un vampire, pour ceux qui étaient sur mars les 116 dernières années) n’est pas celui de n’importe qui. là aussi, la version diffère de tout ce que l’on a vu jusqu’à présent.

les personnages sont plutôt bien écrits et l’histoire se tient, même si elle ne respecte pas le roman de bram stoker. en fait, elle s’en inspire à moitié mais prend aussi comme base des faits historiques concernant un prince de valachie qui vécut au 15e siècle. son nom: vlad iii basarab. son surnom: l’empaleur. tout ça parce qu’il avait empalé, non pas des armées entières, comme le veut la légende, mais quelques (!!) dignitaires ennemis afin de se faire craindre et respecter. et pour celles et ceux qui ne sauraient pas (comme moi il y a 5 minutes :O)) où se trouvaient la valachie, sachez que c’était, avec la moldavie et la transylvanie, l’une des trois principautés médiévales à population roumanophone, et dont l’union avec la moldavie en 1859 donna naissance à la roumanie. merci qui? merci wiki!

or de tout ça, on se fiche éperdument dans le film. on y parle bien de valachie mais le spectateur lambda entendra transylvanie car, qu’on le veuille ou non, le spectateur lambda fait ce qu’il veut et dracula restera transylvanien jusqu’à la fin des temps.

donc, si les personnages sont plutôt bien écrits, les acteurs, eux, sont plutôt bien castés. vu dans le choc des titans, les trois mousquetaires, les immortels, fast and furious 6, les deux derniers épisodes des aventures du hobbit et prochainement the crow (remake du film maudit d’alex proyas) notamment, luke evans est particulièrement convaincant en vampire-to-be et charles dance, acteur britannique de quasi-70 ans, est toujours d’une classe folle. vu dans alien 3, last action hero et des dizaines d’autres films depuis, il incarne ici le maître vampire, l’âme damnée qui va se libérer en transformant vlad. dominic cooper, qui campe le méchant sultan mehmet ii, pas vampire, donc. on l’a vu dans abraham lincoln: chasseur de vampires (2012) en vampire, donc. quant à sarah gadon, qui interprète mirena (future mina, quelques siècles plus tard), sa blondeur – et donc sa pureté – offre un contraste parfaitement crédible à la noirceur tourmentante de son futur prince des ténèbres d’époux. petit détail « amusant », elle a également joué un petit rôle dans le deuxième épisode de spider-man (celui avec jamie foxx en electro), aux côtés de michael massee, l’acteur qui a accidentellement tué brandon lee lors du tournage de the crow en 1993, dont luke evans reprendra prochainement le rôle.

tout ça pour dire que, même s’il se trouvera des esprits chagrin pour vous dire que c’est une daube, n’hésitez pas à aller voir ce film. s’il sent à plein nez le premier opus d’une trilogie (concept commercial systématiquement appliqué aux blockbusters depuis une décennie), dracula untold alimente par son twist la légende initiée par bram stoker et étanchera la soif de nouveauté du storytelling-lover que vous êtes…