sin city 2: a dame to kill for (3d)

sin city 2
réal. robert rodriguez, scénario frank miller, int. mickey rourke, eva green, josh brolin, powers boothe, joseph gordon-levitt, jessica alba, marton csokas, bruce willis, dennis haysbert, stacey keach, christopher meloni, rosario dawson. 2014, 102′. 3,5 pouces

le synopsis
à basin city, où les flics sont tous corrompus et la justice est aux mains d’un seul homme – un sénateur véreux et parrain de la mafia locale – les destins se croisent et chacun a…

… des raisons de réclamer vengeance.

l’avis
chez miller et rodriguez, la vengeance est donc un plat qui se mange vachement froid. après tournage et sorties repoussés, 8 ans se sont écoulés entre le premier et le second (deuxième, puisqu’un troisième est en gestation) opus. pas grand-chose de neuf sous le soleil de nuit très noir (et blanc) à la sauce miller: dwight mccarthy (campé ici par brolin à la place de clive owen), manipulé et hypnotisé par sa maîtresse ava lord (green, qu’on voit décidément partout en ce moment et qui ne loupe pas une occasion pour jeter à la face du spectateur des seins qu’elle a ma foi fort jolis), au point de tuer son mari (csokas) pour elle (d’où le titre); nancy callahan (alba), si obsédée par le suicide de son amant john hartigan (willis, réduit à quelques apparitions spectrales) qu’elle ne pense plus, du fond de sa dépression, qu’à tuer le responsable, l’ignoble sénateur roark (boothe); et johnny (gordon-levitt), le jeune joueur hyper-chanceux au jeu, revenu défier le même sénateur, au péril de sa vie. et tous ces personnages cherchant vengeance tournent autour de marv (rourke), sorte d’obelix du roman graphique noir, brute au grand coeur qui va, comme à son habitude, filer un coup de main à tout ce beau monde en distribuant des baffes.

ça valait le coup d’attendre 8 ans, pas tellement pour l’histoire qui n’innove pas des masses, même s’il est plaisant de replonger dans le style de narratif du polar à l’ancienne, avec personnages vieillement stéréotypés, voix-off fatiguée du héros et tournures de phrases caractéristiques, mais pour cet univers très noir (et blanc) qui n’est que mieux éclaboussé par quelques touches de couleur, du rouge sang ou à lèvres, du vert yeux (de miss green) ou du jaune chevelures de filles faciles des bas-fonds de old town. on reconnaît bien le style graphique de frank miller et il est à la fois déroutant et marrant de voir cet univers s’animer sans qu’il s’agisse d’un dessin animé. du coup, ce film est l’un des rares à offrir ce mélange, avec peut-être 300, 300: naissance d’un empire et the spirit. mais attendez voir, 300 et sa suite étaient scénarisés par miller, et le spirit (qui avait été un gros bide, probablement à cause de son acteur principal, gabriel macht, qui avait le charisme d’une huître) était mis en scène par… miller. bon sang mais c’est bien sûr, ceci explique cela et j’comprends tout, voilà un mystère élucidé…

tout a donc été tourné sur fond vert pour incruster les décors en post-prod, ce qui doit être particulièrement inconfortable au tournage pour les comédiens. le rôle de michael clarke duncan, décédé en 2012, est repris par dennis haysbert (le président palmer de 24 heures chrono), celui de clive owen par josh brolin, celui qu’interprétait brittany murphy, décédée en 2009, n’a pas été renouvelé, et stefani joanne angelina germanotta, alias lady gaga, fait une apparition en serveuse de bar au grand coeur.

résultat, sin city 2 est un film assez marquant davantage du point de vue de la forme que du fond, et qui reste sympa à visionner, surtout avec la 3d qui confère aux effets visuels une dimension surprenante.

et allez, pour la route, l’affiche du film interdite aux états-unis:

sin city, l'affiche interdite