hannibal, saison 1

hannibal
série créée par bryan fuller, scénario bryan fuller, steve lightfoot, jeff vlaming, scott nimerfro, ayanna a. floyd, chris brancato, andrew black, int. mads mikkelsen, hugh dancy, lawrence fishburne, caroline dhavernas, hettienne park, kacey rohl, eddie izzard, lara jean chorostecki. 2013, saison 1, 13 épisodes de 45′ diffusés sur canal+. 4 pouces

le synopsis
profileur extrêmement doué mais particulièrement instable, will graham (dancy) enseigne la criminologie à l’académie du fbi. il est recruté, pour son aptitude à se glisser dans la peau des tueurs, par le chef de la division des sciences comportementales, jack crawford (fishburne), …

… sur une enquête délicate. mais, n’ayant pas le statut d’agent spécial car il a échoué aux examens psychologiques, il doit avoir l’approbation d’un psychiatre pour intervenir sur le terrain. crawford confie donc son suivi à un analyste de renom à baltimore, hannibal lecter (mikkelsen)…

l’avis
cette première saison raconte donc la rencontre entre will graham et hannibal lecter, qui dissimule habilement, derrière un analyste élégant, cultivé et en pleine possession de ses moyens, un impitoyable tueur en série, sociopathe et cannibale. lecter n’est pas encore « connu » du fbi comme le tueur qu’il est déjà et que nous, spectateurs, savons qu’il l’est depuis le silence des agneaux (jonathan demme, 1991) et toutes les suites. la série est donc une préquelle de dragon rouge, le roman fondateur du « mythe hannibal » de thomas harris.

voici donc une série dont la brillante première saison donne le ton: élégance déclarée et horreur larvée. sobre, la mise en scène y est pour beaucoup, instillant une ambiance glauque – malgré la beauté contemporaine de décors que l’étalonnage rend un rien froids – où l’horreur peut surgir à tout moment. mais le propos n’est pas là, même si cette horreur est sous-jacente et n’apparaît vraiment dans toute sa brutalité – ce qui la rend beaucoup plus efficace – qu’au bout de quelques épisodes.

car le thème de cette saison est clairement la manipulation, chaque personnage tentant de contrôler l’autre. curieusement, le plus détaché semble être hannibal lui-même, alors qu’il est sans doute celui qui manipule le plus. l’homme est un dandy, toujours impeccablement mis, vivant dans deux univers, le privé et le professionnel, soignés et choisis, conduisant une bentley (si je ne m’abuse) et parlant un langage élaboré. ce qui le rend particulièrement effrayant lorsqu’on le voit tuer – et de quelle manière! – avec le plus grand calme.

l’amitié est un sous-thème de la saison. on voit ce que hannibal fait subir à ses connaissances (le docteur sutcliffe) ou à ses patients qui veulent à tout prix devenir ses amis (franklin). le concept a donc véritablement un sens pour hannibal qui ne l’accorde qu’en de très rares exceptions. ainsi en vient-il progressivement à considérer will comme son ami (même si ce dernier n’a rien demandé), ce même will qui constitue une proie facile qu’hannibal manipule facilement et enverra finalement en prison à sa place.

le jeu des deux comédiens principaux est subtil, hugh dancy étant véritablement habité par son personnage et mads mikkelsen faisant preuve d’un grand charisme, l’un étant le miroir de l’autre, le premier aussi torturé et très perturbé par le fait d’avoir tué un homme par instinct de survie, fût-il tueur en série, que le second, très in control, tue  par nature. difficile toutefois de dire quel rôle est le plus intéressant. l’homme perclus d’hallus, visuellement très belles du reste, ou l’homme calme en toutes circonstances? le débat est-il pertinent? pour moi, c’est 1 point partout, balle au centre: que ce soit dans l’exubérance ou la retenue, les deux relèvent de la performance.

tous comptes faits, hannibal est une série qui accroche dès le premier épisode, qui vous prend par la main et ne vous lâche plus. la troisième saison est en production. vivement la deuxième, déjà…