upside down

upside down
réal. & scénario juan solanas, int. kirsten dunst, jim sturgess, tinothy spall, james kidnie. 2013, 99′. 3 pouces

le synopsis
un accident unique dans l’univers a fait que deux planètes se sont retrouvées collées l’une à l’autre, chacune avec sa gravité propre…

… qu’il est dangereux et interdit de vouloir franchir.

l’avis
drame romantico-social sur fond de métaphore à grande échelle (ceux d’en haut sont riches, ceux d’en bas sont pauvres), ce film confirme qu’on n’innove que très rarement sur le fond, mais qu’on peut encore surprendre par la forme. si l’histoire d’un amour apparemment impossible n’est certes pas nouvelle, en revanche, visuellement, le film tient toutes ses promesses et se révèle totalement bluffant.

deux mondes cohabitant, l’un à l’endroit, l’autre à l’envers (et vice-versa) depuis la nuit des temps, et se côtoyant même parfois au point de pouvoir se toucher mais sans en avoir le droit, c’est, à ce que je sache, de l’inédit. tout au plus pensera-t-on à la séquence d’inception où la ville se replie sur elle-même. mais ce n’était qu’une séquence. destinée à illustrer la puissance créative de l’architecte interprétée par ellen page. ici, c’est tout le film qui repose sur ce postulat. à ce propos, tout l’art d’une telle approche consiste évidemment à expliquer le pourquoi du comment afin de faire adhérer le spectateur dès le départ au délire qui va suivre. quand la base est comprise et acceptée (encore faut-il que ces deux conditions soient réunies), on entre beaucoup plus facilement dans l’histoire.

ainsi un bref exposé très didactique expose en guise de générique les trois lois que tout être humain vivant de chaque côté de la barrière doit connaître: 1. chaque chose est soumise à la gravité de sa planète; 2. tout corps muni de matière inverse (venant donc de l’autre planète) peut survivre sur l’autre planète mais brûle au bout de quelques heures; et 3. je ne m’en souviens plus lol.

si deux ou trois détails gênent pour peu qu’on s’y attarde, ça fonctionne plutôt pas mal, car visuellement et conceptuellement, le film est de toute beauté, même si certains plans donnent le tournis, pour ne pas dire autre chose.

ainsi, appartenant à chacun des deux mondes, adam (sturgess), celui d’en bas, et eden (dunst), la jeune fille d’en haut (les deux êtres qui donneront naissance à une nouvelle ère et un nouveau monde, la référence est un peu facile, convenons-en), se rencontrent adolescents, rêvent tous les deux de la même chose et finissent par tomber amoureux. un accident rend eden amnésique. ils se perdent de vue pendant dix ans. un beau jour, adam retrouve eden qui l’a oublié. et, petit à petit, la jeune femme va retrouver la mémoire. awwwww, comme disent les américains, friands de romance-guimauve à l’eau de rose, l’amour est plus fort que les interdits, et même plus fort que l’oubli. je vous avais prévenus. total: ils vécurent heureux dans l’un des deux mondes (oui parce qu’adam a inventé un moyen pour se jouer de la gravité haha, pratique).

au final, soit on y entre, soit on n’y entre pas. moi, bon public, j’y suis entré à fond et je me suis laissé embarquer dans la splendide banalité de cette histoire fantastique. et dunst n’est pas aussi insipide que d’habitude, alors…