under the skin

under the skin

réal. jonathan glazer, scénario jonathan glazer, walter campbell, d’après le roman sous la peau de michel faber, int. scarlett johansson, jeremy mcwilliams. 2014, 107′. 2 pouces

le synopsis
une extraterrestre parcourt des rues en camionnette pour…

… attirer des hommes seuls et satisfaire son appétit.

l’avis
à première vue, le synopsis fait penser à un remake de la mutante (roger donaldson, avec natasha henstridge, 1995). il n’en est rien. non seulement johansson n’a pas la plastique de henstridge mais le film est tout sauf « d’action », pas au sens expendables du mot mais simplement au sens de « où il se passe quelque chose » (d’imaginer que le réalisateur ait pu crier « action! » au début de chaque plan pourra d’ailleurs faire sourire).

je ne suis pas contre une pincée d’archi-dépouillé, je suis friand d’ultra-sibyllin et assez client d’hypra-space dans un paysage cinématographique rempli jusqu’à la nausée de scénars convenus et de blockbusters prévisibles. cela étant, l’homme de la pampa, parfois rude, reste toujours courtois, mais la vérité m’oblige à vous le dire: je me suis quand même bien fait chier à la projection de ce film.

perso, je ne sais pas où la presse est allée chercher ce dithyrambe dont j’ai ouï dire, pas plus que je ne comprends les trois prix que ce film a « raflés » (le mot sous-entendant le passage d’une tempête est parfaitement paradoxal quand on a vu le film) au british independent film award et ses quatre nominations à la mostra de venise l’an dernier.

le choix de johansson, dont le monde entier se gargarise (pourvu, pour elle, que ça dure), est très malin, même si, soi-disant, ce n’était pas le premier du réal. très malin à double titre, car il permet d’une part à l’actrice américaine de dire « regardez comme je suis libre, je fais des super-productions genre avengers, je tourne avec un réal français parce que je vis en france, mais je sais faire aussi du cinoche indépendant avec un ex-réal de pubs qui a fait trois films en 15 ans (sexy beast, en 2000, et birth, en 2004, avec nicole kidman) et je n’ai pas peur de me déshabiller complètement. »

sauf qu’on n’arrive pas à voir si elle a ou non des poils pubiens, la lumière, étudiée au plus juste et complice du cadre, jetant sur sa zone la plus érogène un voile pudique. mais c’est exprès et on ne comprend pourquoi qu’à la fin (ATTENTION SPOILER: PARCE QU’ELLE N’A PAS DE SEXE!!!). mais il est vrai que l’anatomie de miss scarlett n’a, au bout du compte, plus de secret pour le spectateur. très malin aussi car il permet d’autre part au réalisateur de passer de 10 spectateurs lors d’une séance de minuit dans des ciné-clubs de quartier à une distribution nationale avec plusieurs dizaines de copies, voire plus, auré-olé qu’il est de ses titres remportés lors de festivals.

à part ça, soyons honnête jusqu’au bout, il y a quand même deux ou trois choses à relever dans ce film. les séquences de « séduction ». je ne parle pas des plans filmés en caméra cachée dans le van, avec des inconnus qui ne savaient pas qu’ils participaient au tournage d’un film, et qui sont d’une facture volontairement « documentaire », mais des scènes de « sexe », une fois ces inconnus ramenés dans l’antre de l’alien, qui sont d’ailleurs les seules à être aussi « belles » dans leur facture, par leur calme et leur musique parfaitement adaptée. il y a aussi les séquences de rues et l’écosse contemporaine filmées sans aucun artifice et qui parlent de la solitude permanente de l’homme dans un environnement social pourtant foisonnant (surtout en ville).

en résumé, si vous n’avez rien prévu pendant 107 minutes et que vous avez besoin de calme sans vous prendre la tête, courez voir ce film: vous aurez 107 minutes de presque rien où il ne se passe pas grand-chose. mais attention, ne vous endormez pas, ce serait bête de dépenser 20 balles pour dormir alors que vous avez un bon lit qui vous attend chez vous.