albert à l’ouest

albert à l'ouest

réal. et scénario seth macfarlane, int. seth macfarlane, charlize theron, liam neeson, amanda seyfried, giovanni ribisi, neil patrick harris, sarah silverman. 2014, 117′. 3 pouces

le synopsis
les aventures d’albert stark (macfarlane), éléveur de moutons, intelligent, décalé et…

… couard, en bref inadapté à la rude vie du far west.

l’avis
la bande-annonce est, comme souvent, plus drôle que l’ensemble du film. et j’avais tellement rigolé que je me rappelle m’être adressé à moi-même en ces termes: « pierre mon ami, il faut que tu te rendes sans attendre dans cet endroit qu’on appelle un cinéma afin de te dérider les zygomatiques avec cette comédie filmée qui s’annonce des plus réjouissantes! » oui, je me parle parfois en ces termes. résultat, le film est sympa même s’il ne tient pas totalement ses promesses.

teinté d’ironie, l’humour décalé de macfarlane est plutôt intéressant – genre qu’est-ce-que-je-fous-là au pays des ploucs – mais hésite constamment à se lâcher pour devenir carrément intelligent. ou quand il se lâche, il devient prout-pipi-caca-sperme-dans-les-cheveux et c’est bien dommage. si bien que l’ensemble est assez inégal. certains acteurs font ce qu’ils peuvent pour susciter le sourire, comme neeson qui force son accent irlandais (« hü? », pour « who? ») dans le but affiché de décrocher un sourire, et qui va jusqu’à montrer ses fesses.

le film évite cependant le ratage en parvenant 1. à ne jamais être ridicule, probablement aussi grâce à la présence de charlize theron qui, non contente d’être l’une des femmes les plus sublimes de la planète, est loin d’être mauvaise actrice car c’est aussi sur son personnage que repose finalement l’histoire et 2. justement à raconter une histoire, certes simple, mais qui se tient de bout en bout.

on relèvera quelques clins d’oeil (dont certains destinés aux initiés), technique un brin facile pour flatter la culture cinématographique du spectateur et susciter par là même sa sympathie: le trémoussement de ribisi, référence directe à celui auquel il se livrait dans ted, premier long-métrage de macfarlane, l’encouragement des indiens qui crient dans leur langue « mila kunis! », des apparitions d’acteurs connus comme celle, tordante, de christopher lloyd en doc emmett brown, celle, ultra-courte (3 secondes), de ryan reynolds en mec qui se fait descendre pour rien dans un bar, celle, invisible, d’ewan mcgregor, en cowboy dans la foire (celui ou celle qui le repère, je lui paie une bière), ou encore celle, après le générique, de jamie foxx en django.

pour une fois, le distributeur a fait preuve d’un peu de créativité pour sortir un titre français qui ressemble à quelque chose: albert à l’ouest, oh mais attendez voir… mais oui, c’est un jeu de mots, dites donc! chapeau bas maximum respect et tout le tintouin! il serait même presque plus drôle que l’original a million ways to die in the west. seth macfarlane, qui est ici scénariste, producteur, réalisateur et acteur principal (on n’est jamais mieux servi que par soi-même, ou est-ce parce que personne ne voulait produire son film? pierre, tu es mauvaise langue!) est surtout « connu » pour son travail d’animateur et son premier long-métrage – ted, avec mark wahlberg et mila kunis -, qui racontait l’histoire d’un ours en peluche qui parlait, mais surtout pétait et rotait. j’en entends déjà me hurler « pierre, tu es réducteur! » boooon, ok, pour être tout à fait honnête, il faut ajouter qu’il buvait, se droguait et draguait les filles. mais se montrait au final plus humain que les humains. ouf, la morale est sauve et le gros dégueulasse se révélait plutôt attendrissant (aux yeux de ceux qui aiment les contes de pets-rots).

en conclusion, et encore une fois, ce film n’est pas mauvais, mais je serais vous, je ne dépenserais pas une somme exorbitante (cf. mon article sur le prix des places pathé) et j’attendrais bien sagement qu’il passe à la télé.